Sandrine Kiberlain nous rend encore heureux

Sandrine Kiberlain est à l’affiche du prochain film de Benoît Graffin, "Encore Heureux", en salles le 27 janvier. Elle y incarne Marie, une mère pleine de ressources qui tente de maintenir l’équilibre familial tant bien que mal avec un mari au chômage, deux enfants à charge et un bel inconnu qui la courtise. Entretien avec la pétillante actrice.

© EuropaCorp
Sandrine Kiberlain dans Encore Heureux © EuropaCorp

Sandrine Kiberlain, c'est trente ans de carrière avec une filmographie riche et variée. César du meilleur espoir féminin en 1995, elle obtient la consécration en 2014 avec le César de la meilleure actrice pour son personnage dans 9 mois ferme d'Albert Dupontel. Aujourd'hui elle partage l'affiche avec Edouard Baer dans Encore Heureux de Benoît Graffin. On aime la voir dans ce rôle de Marie, à la fois mère, épouse et amante, un personnage fort au franc parler déroutant. Rencontre.

Le Journal des Femmes : Quelle est votre recette du bonheur ?  
Sandrine Kiberlain : Je serai tentée de dire d'aller au cinéma voir des films comme celui que je défends aujourd'hui. Honnêtement, cela fait du bien de voir des films dans l'air du temps, qui raconte quelque chose de très actuel parce qu'on peut tous être plombés du jour au lendemain par le chômage. Encore Heureux c'est aussi l'histoire d'un couple qui s'aime depuis très longtemps, d'une famille insolite comme toutes les familles… 

Qu'est ce qui vous a plu dans le personnage de Marie ?
Sa vaillance, son côté rock'n'roll, c'est une femme fragile et forte à la fois. J'aime aussi le couple qu'elle forme avec son mari, c'est un duo comique et complémentaire. Outre le genre de la comédie, c'est aussi un film sur l'amour. C'est un couple qui dure depuis vingt ans, alors bien sûr il y a des tentations extérieures indéniables, surtout pour mon personnage… mais "l'amour a ses raisons que la raison ignore".  

Comment s'est passé le tournage avec les enfants ?
Quand j'ai lu pour la première fois le scénario, je me suis dit que c'était très difficile de trouver des enfants bons acteurs. Benoit Graffin a trouvé les bons, ils sont excellents, la petite Carla est une vraie actrice. Au début du tournage, il y avait un coach en permanence avec eux car c'est obligatoire et au bout de deux jours, ils sont venus me voir en cachette pour savoir s'ils pouvaient s'en débarrasser (rires). Ils étaient tellement contents d'être là, la famille Ogiel a déteint sur l'ambiance du tournage, on était vraiment dans l'envie d'être tous ensemble.

Le film est par bien des aspects amoral…
Et tant mieux ! L'intelligence de Benoît Graffin c'est de nous avoir présenté comme une famille dès les premières minutes, on s'attache à eux tout de suite. Je pense que le spectateur les soutient tout au long du film, même quand ils trouvent des solutions amorales car ils ont les bons arguments…

Quel est votre rapport à l'image ?
Je ne me regarde pas.
Quand je joue un personnage, je suis sincère en l'incarnant. Si je dois être moche pour un rôle, ainsi soit-il. Après il y a l'image publique que l'on veut donner de soi, lorsque je suis en promo sur les plateaux télé j'ai un coiffeur et une maquilleuse avec moi, il faut se sentir bien. Et puis depuis l'avènement des réseaux sociaux il faut faire attention, mais je suis comme je suis.

Qu'est-ce qui a changé depuis votre César ?
Toute ma vie est trans-for-mée (rires
! Non non, pas du tout. Ce qui a changé dans ma carrière, c'est que lorsque je fais un film qui me plaît et qui a une résonnance sur le public, les producteurs se disent "on va lui faire confiance" et on la prendra dans le prochain. Donc ce n'est pas le César qui change, mais le succès des films. 

Comment vous êtes-vous approprié les dialogues du film ? Y'avait-il de la place pour l'improvisation ?  
Le film est très bien écrit et j'aime beaucoup la patte de Benoît Graffin qui a un style bien à lui. Je connais mon texte parfaitement : c'est comme cela que je me sens libre. Je peux le faire à l'endroit, à l'envers, en pleurant, en riant. C'est mon outil premier et si je le connais bien, je suis libre. A l'inverse si je bute sur un mot, je ne peux pas jouer. 

Regardez la bande-annonce de Encore heureux, en salles le 27 janvier :

 

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