Marie-Josée Croze, la délicieuse

Québécoise devenue française, tour à tour blond platine ou brune incendiaire, Marie-Josée Croze a un regard de braise et n'en fait qu'à sa guise. Emouvante dans "Everything Will Be Fine" de Wim Wenders, cette artiste libre et passionnée s'est confiée au Journal des Femmes.

© Bac Films
Marie-Josée Croze  et James Franco © Bac Films

Junkie ravageuse dans Les Invasions Barbares, la séduisante Marie-Josée Croze choisit ses films avec intelligence et apparaît radieuse aux côtés de James Franco, dans Everything Will Be Fine, de Wim Wenders, en DVD le 22 septembre. Beauté juvénile à 45 ans passés, cette actrice à la silhouette gracile et aux manières félines semble se laisser porter par le vent et cela lui réussit. Rencontre vraie.

Le Journal des Femmes : Quel regard portez-vous sur la célébrité ?
Marie-Josée Croze : C’est rare que l’on me reconnaisse dans la rue parce que les personnages que j'incarne sont physiquement différents. C’est assez intéressant pour une comédienne, cela donne espoir, on se dit que les gens ne vont pas se lasser de vous et que l’on peut exercer ce métier longtemps. Le pire pour un comédienne, c'est d'arriver à saturation, d'être vue et revue et de lasser le public.

Comment êtes-vous arrivée au casting d’Everything Will be Fine ?
Le réalisateur Wim Wenders avait déjà choisi tous les acteurs (James Franco, Charlotte Gainsbourg, ndlr) et il pensait à moi pour ce rôle. Je n’étais pas disponible pour le tournage parce que je jouais au Théâtre de la Madeleine à Paris, mais un concours de circonstances a tout fait basculer. Je tournais à Montréal Le Règne de la Beauté de Denys Arcand et j’ai croisé, par hasard, dans la rue Wim Wenders, en repérage pour son film. Cela ne pouvait être une coïncidence. Je ne pouvais pas laisser passer cette chance. J’en ai parlé à mon agent qui a arrangé un planning. Mener trois projets de front, cela a été intense, mais génial.

Comment s’est passé le tournage ?
Devenir le temps de quelques scènes la muse du réalisateur des Ailes du Désir, c'était merveilleux, inespéré. J'ai adoré aussi travailler avec James Franco. C’est un acteur fabuleux, il a quelque chose de très animal. Il est à l'aise en toutes circonstances, détendu, dans le moment présent. C’est très agréable.

Everything Will Be Fine © Bac Films

De manière générale vous croyez au destin ?
Complètement.  Je n’ai aucune ambition. Je ne fais jamais de plans sur la comète. Je ne cherche pas à provoquer les occasions. Je n'ai pas envie de me battre dans l’absolu, seulement parce que je crois aux rencontres. Je ne souhaite qu’une chose, que les gens soient contents de mon travail, que les films dans lesquels je joue plaisent au public... C'est la vérité.

Et cela fonctionne?
Tout le temps. J’ai beaucoup d’instinct, c’est comme un sixième sens. J’écoute mes intuitions, qu’elles soient négatives ou positives. Parfois, j’ai un mauvais feeling donc je ne vais pas prendre la voiture, par exemple... D'autres fois, j’ai le sentiment qu’une autre actrice devrait incarner l'héroïne, alors j’appelle le cinéaste pour lui suggérer.

Enfant, vous pensiez déjà devenir comédienne ?
Pas du tout. En revanche, j’ai toujours observé les adultes et je les imitais pour essayer de comprendre leur monde. Je me cachais derrière les portes et je regardais comment ils interagissaient pour jouer "à la famille" à l’école.

Avez-vous évolué dans un monde féminin ?
Oui, chez moi il y avait toujours beaucoup de femmes. Mes parents adoptifs ont divorcé quand j’avais huit ans. Mon père est parti et mon frère aîné a quitté la maison très tôt. Je me suis donc retrouvée avec ma mère et mes trois sœurs.

Interview aléatoire :
Le Journal des Femmes a demandé à Marie-Josée Croze de choisir au hasard des numéros entre 1 et 110 et de répondre aux questions correspondantes.

Aimez-vous vos pieds ?
Je ne les aime pas, ils sont tout petits et palmés. (Elle retire bottines et chaussettes et pose avec naturel son mini peton taille 35 sur la table). C’est peut-être pour ça que j’ai eu la Palme au Festival de Cannes ! (Elle a eu le prix d'interprétation féminine en 2003 pour Les Invasions Barbares, ndlr). Mais cela ne m’empêche pas de porter des chaussures ouvertes et des sandales. C’est ma singularité...

Quel est le premier film que vous ayez vu au cinéma ?
Rencontre du Troisième Type, de Steven Spielberg.

Quel compliment vous fait-on souvent ?
On ne m’en fait jamais ! On me dit  que je suis folle et je le prends bien !

Qu’est ce qui peut vous rendre violente ?
Beaucoup de choses. Le cynisme, la mauvaise foi, le manque de sincérité m’agacent. L’injustice et le mépris peuvent me rendre violente. Cela ne se manifestera jamais par de la brutalité physique, seulement une agressivité verbale. N'est-ce pas le propre d'un acteur d'être hypersensible ?

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