Cécile de France en équilibre, ou la clé du bonheur

Cécile de France revient au cinéma le 15 avril avec "En Equilibre", de Denis Dercourt. Nous avons eu la chance de rencontrer cette comédienne normale, heureuse et paisible sous une verrière ensoleillée de Montmartre. Un moment hors du temps, fait de confidences et de sérénité.

© StudioCanal

Cécile de France est un bonheur. A l'écran, évidemment, comme dans En Equilibre, au cinéma le 15 avril, mais à la ville aussi. La Belge de 39 ans nous a accordé un peu de son temps à l'occasion de la sortie en salles du film de Denis Dercourt dans lequel elle incarne une assureuse frustrée face à un Albert Dupontel handicapé. 
Ce jour-là, dans un hôtel particulier parisien, l'actrice ressemble à une icône seventies avec son pantalon patte d'eph, son top psychédélique et sa longue chevelure bouclée. Elle respire la joie et ses paroles ne font qu'appuyer notre ressenti. Entre deux confidences et avec son phrasé bien à elle, elle nous assure qu'elle est "sincère, hein". On n'en doute pas une seconde quand elle évoque sa philosophie de vie, son bien-être ou sa manière d'éduquer ses enfants. Elle pose sur nous son regard bleu acier et nous sourit de sa grande bouche. Ah, ces fameuses dents du bonheur... Tout s'explique.

Cécile de France dans En Equilibre, au cinéma le 15 avril © StudioCanal

Le Journal des Femmes : Sous ses airs stricts, Florence, votre personnage, est une rebelle... Comme vous ?
Cécile de France : Au contraire, je suis presque plus rangée qu'elle (sourire). Ma vraie prise de risque date de mes 18 ans, quand j'ai décidé de m'orienter vers le théâtre au lieu d'étudier le droit. Mais quand on est jeune, on ne se rend pas compte des dangers, des risques. Je ne suis pas rebelle, j'aime que ma vie soit sans tourment, sans complication ni souffrance, qu'elle soit paisible et joyeuse.

Qu'est-ce qui assure votre équilibre ?
Ma famille et mon métier. Je n'ai besoin de rien d'autre pour être comblée. J'ai la chance de ne pas être obligée de travailler toute l'année, de pouvoir vivre une vie normale la plupart du temps. Quand je tourne, ce sont des projets qui me passionnent et me rendent heureuse. Je sais que je suis privilégiée.

Comment êtes-vous en dehors des plateaux de tournage ?
Comme je passe beaucoup de temps à être quelqu'un d'autre, dès que j'en ai l'occasion, je suis moi-même. En vieillissant, on fait la paix, on accepte ses traits de caractère, même si ce ne sont pas ceux que l'on aurait aimé avoir. Ils vous appartiennent, il faut bien faire avec (sourire). Quand vous arrivez à ce stade de votre vie, c'est très agréable. Je suis en paix et j'espère que ça va continuer comme ça.

© StudioCanal

Vous avez des regrets ?
Aucun, parce que je suis plutôt instinctive. Une fois que j'ai fait un choix , je m'investis à fond pour ne pas passer à côté de quoi que ce soit. Quand c'est terminé, je passe à autre chose. Je ne suis pas nostalgique, j'ai une certaine faculté à vivre dans le présent. C'est comme au restaurant : on m'apporte un bon plat, je le savoure et c'est fini. Même la mort ne me fait pas peur ! Je me dis que je serai peut-être contente de partir. J'ai vécu ma vie à 100 %, c'est le moment de mourir ? Allons-y (sourire) !

C'est une belle vision des choses !
Cette méthode spontanée me procure beaucoup de joie. Je ne suis pas torturée, je déteste les conflits, j'essaie d'être agréable pour mon entourage. C'est justement dans mon métier que j'évacue mes parts d'ombre, mes tensions... C'est un exutoire, par là que tout s'évacue. Du coup dans la vie, je suis peinarde (rire).

Vous êtes aussi cool avec vos enfants ?
Je leur fais assez confiance. S'ils se sentent responsables, grands et maîtres de leur journée, je les laisse faire. A condition de dialoguer. Je préfère expliquer plutôt que d'imposer, pour qu'ils expérimentent d'eux-mêmes, qu'ils se responsabilisent. Chez moi cette méthode marche plutôt bien, elle convient à tout le monde. En revanche, quand je dis quelque chose, je n'aime pas qu'on se moque de moi.

Vous semblez tellement sereine… De quoi avez-vous peur ?
De la mort de mes proches, comme toutes les mamans. J'ai découvert le deuil il y a quelques années et cette émotion m'a submergée. C'était une très grande souffrance, qui m'a beaucoup appris, mais à laquelle je ne m'attendais pas. Le décès de quelqu'un que j'aime fort me fait très peur… Rien que d'y penser, j'ai envie de pleurer.

Changeons de sujet : que faut-il faire pour vous énerver ?
Ce ne sont pas les gens, mais les objets qui m'exaspèrent ! Si je n'arrive pas à ouvrir une porte ou si j'accroche mon pull, je peux devenir hystérique. Ca me tend, me crispe, je sors de mes gonds (elle mime l'énervement) ! Même si je sais que c'est complètement débile...

Dans la peau d'un homme une journée, vous faites quoi ?
J'aimerais ressentir la force masculine, physique, sentir cette puissance dans mon corps. J'aimerais bien être un rugbyman, pour avoir les chocs, les douleurs… Ou être Albert Dupontel quand il fait ses cascades en équilibre sur le cheval pour le film !

En Equilibre, de Denis Dercourt, au cinéma le 15 avril, avec Cécile de France et Albert Dupontel.

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