Adriana Karembeu : "Je suis un hobbit"

Adriana Karembeu est l'héroïne de "Meurtres à Etretat", diffusé samedi 4 avril sur France 3. Le top model y incarne une enquêtrice têtue et solitaire. Pour nous, elle s'est confiée sur sa timidité, son rapport au corps et son désir de maternité, avec beaucoup de franchise et une pointe d'humour.

© Briquet Nicolas/ABACA

Adriana Karembeu continue de percer le petit écran. Après quelques expériences en tant qu'animatrice, la belle Slovaque de 43 ans revient à la fiction pour France 3. Dans Meurtres à Etretat, elle campe une enquêtrice entêtée chargée de résoudre un crime camouflé en suicide. Avant la diffusion de l'épisode samedi 4 avril à 20h50, la jeune mariée a répondu à nos questions. Entre confidences, humour et souvenirs, un entretien teinté de sincérité.

Adriana Karembeu © Briquet Nicolas/ABACA

Auriez-vous pu être actrice à temps plein ?
Adriana Karembeu : Il y a encore quelques années, ça aurait été hors de question. Le mannequinat est déjà un exploit pour quelqu'un d'aussi timide que moi. En même temps, c'est très pratique de ne pas être obligée de parler, de se contenter de s'exprimer avec son corps. Mon métier a été un révélateur, je me suis construite grâce à lui. Mais incarner une personne entièrement, c'était inimaginable.

Cette timidité vous handicape encore ?
Je me soigne… J'ai demandé à ma sœur si elle trouvait que j'étais timide, elle m'a répondu : "T'es culottée, je n'oserais jamais parler aux gens comme tu le fais !" Disons que je suis très franche, alors qu'il y a 20 ans, je ne pouvais même pas m'acheter un ticket de train seule. J'ai gagné en confiance.

Quand est née cette envie de vous retrouver face à la caméra ?
En 2001, le réalisateur de 15 minutes avec De Niro m'a demandé de passer un casting après m'avoir vue en couverture d'un magazine. J'y suis allée, par politesse. J'étais pétrifiée, il m'a mise devant la caméra, j'ai lu le texte et il m'a dit : "Intéresse-toi un peu à ce métier car je suis persuadé qu'il est pour toi." Depuis, ça me chatouillait. J'ai sauté le pas pour Trois petites filles avec Gérard Jugnot, en 2004, et puis j'ai eu quelques rôles, des apparitions. Jouer, c'est un plaisir enfantin, comme quand on se filme avec ma sœur pour rigoler.

Vous aviez déjà tourné dans RIS et Section de recherches... Vous êtes abonnée aux séries policières !
Je suis une fan absolue des shows policiers et politiques ! Je suis obsédée par les productions américaines, simplement parce que je comprends mieux l'anglais. J'adore Homeland ! J'ai avalé Scandal et House of Cards. Je suis tellement à fond que je pense à m'habiller comme Robin Wright (rires).

Votre physique vous a-t-il déjà porté préjudice ?
Au contraire, j'ai énormément de chance : dans mon métier, je suis mise sur un piédestal. Quand on compare les mannequins femmes et hommes, il n'y a pas photo : nous sommes des princesses. Si je remonte dans le temps, je me souviens qu'être une jolie fille était assez handicapant à l'école.

Etes-vous solitaire ?
Pire, je suis un hobbit (les personnages de Tolkien sont très casaniers, ndlr.) ! Petite, mon père ne me laissait pas sortir. Ma chambre était mon royaume. Je restais des heures devant mon petit bureau et, pour qu'il me laisse tranquille, je faisais semblant de faire mes devoirs. Ca m'a permis de m'évader avec ma tête : je me suis fait des tas de films, j'ai vécu des vies parallèles toute mon enfance. Depuis, je suis restée solitaire, même si c'est paradoxal avec la vie de mannequin, où on est toujours entouré d'une trentaine de personnes. Mon mari est le seul que j'ai jamais laissé entrer dans mon espace. On partage notre "hobbititude" (rires), même si parfois il me sort : ça me fait du bien !

Vieillir vous fait peur ?
J'ai eu un coup de flippe à 40 ans. Le corps change, la première ride apparaît. Et même si on se dit qu'elle n'existe pas vraiment, les autres rappliquent rapidement pour ce qui ressemble à une soirée rides (rires) ! On ne peut pas y faire grand-chose. Il faut se dire qu'on est jolie, essayer de s'entretenir, de ne pas se laisser aller. Et puis il n'y a pas que la beauté : on peut mettre en avant une autre part de soi, quelque chose que l'on a gagné avec l'expérience.

Qu'est-ce qui suffit à votre bonheur ?
Etre en symbiose avec quelqu'un. J'ai la chance d'avoir trouvé l'âme sœur, j'espère qu'elle ne va pas m'abandonner. C'est un énorme cadeau de la vie parce que peu importe ce qui arrive, quel problème ou situation difficile on doit surmonter, on fait face à deux.

Votre envie de maternité est-elle toujours présente ?
C'est toujours d'actualité, mais j'ai tellement tardé que la nature va décider pour moi. En tout cas, on y travaille !

Pourriez-vous avoir recours à d'autres procédés, comme la fécondation in vitro ?
Je n'en suis pas encore là, mais bien sûr. Je ferai tout pour avoir un enfant.

Portrait chinois : si vous étiez...

Un plat : Des pâtes à la tomate, avec du basilic frais et des morceaux de mozzarella à peine fondus.
Un lieu : Une île perdue.
Un parfum : Tocade de Rochas.
Un compliment : Exceptionnel.
Un gros mot : Merde alors !
Un homme : Mon mari. Je suis complètement en admiration devant lui : c'est une grande gueule, il n'a peur de rien.

Meurtres à Etretat, samedi 4 avril à 20h50 sur France 3.