Julie Depardieu, à la Vie, à l'amour

Revenue de l'horreur, déterminée à se reconstruire en oubliant le pire, Julie Depardieu, star du film A LA Vie, nous subjugue à l'écran en rescapée forte et douce à la fois. Enfant terrible d'un monstre sacré du cinéma, l'actrice est aujourd'hui, à la ville, une femme amoureuse et une maman épanouie... Confidences.

Julie Depardieu, à la Vie, à l'amour

Trois femmes se retrouvent  sur une plage du Pas-de-Calais comme un rendez-vous avec leur passé que personne d'autre ne peut comprendre.
Pour réaliser A LA VIE, Jean-Jacques Zilbermannm s'est inspiré de l'histoire de sa mère, Irène, qui rejoignait ses amies de déportation à la mer, enfin "à Auschwitz-les-Bains". C'est de cet humour noir qu'est teinté le film à découvrir en salles. C'est de la personnalité fantasque et terriblement attachante de Julie Depardieu qu'est nourri le personnage principal. Rencontre avec une fille sans filtre, adorable et drôle.

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A la Vie, en salles le 26 novembre © Le Pacte/Elzevir Films / France 3 Cinema
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A la Vie, en salles le 26 novembre © Le Pacte/Elzevir Films / France 3 Cinema

Pourquoi vous dans A la Vie ?
J'ai été émue par le regard de Jean-Jacques sur sa mère et ses deux amies de déportation qui réapprennent à vivre après les camps. Il nous a montré le documentaire qu'il avait réalisé sur ces trois vieilles dames assises dans le sable, filmées comme des rock stars... Pour moi, À LA VIE, c'est une déclaration d'amour. Une ode avec des chansons yiddish, des couleurs acidulées et beaucoup de bonne humeur.

Présentez-nous Hélène que vous incarnez...
C'est une jeune fille pleine de rêves, fauchée par la barbarie nazie à 20 ans et qui, malgré tout, cherche le bonheur avec rage et espoir. Elle agit d'abord comme un automate, puis reprend conscience de ses désirs de femme...

Renoncer, se suicider, vous le concevez... ?
Mettre fin à mes jours, j'y ai pensé, notamment à la fin de l'adolescence. Je voulais avaler une boite de médicaments, mais je n'ai pas eu le courage. Jouer la comédie, cela a été une thérapie. Incarner des personnages m'a aidée à construire le mien.

Une anecdote de tournage ?
J'ai le souvenir des plages de la Manche, de la population hyper-impliquée. Berck-sur-mer, c'est l'anti Saint-Tropez et c'est tout moi. Je voulais m'installer là-bas. Je suis une vraie terrienne, j'écoute la radio, je m'exprime au jardin, je rythme mes journée avec du concret : je prépare le dîner, on mange en famille à 19h30,  je me couche tôt...

Ou vous voit en bikini, vous aimez votre corps aujourd'hui ?
C'était vraiment l'épreuve du maillot. Mon corps s'est imprégné du rôle, il est hyper-mince, sec, musclé. J'ai un rapport névrotique avec mon apparence. J'ai refait mon nez, j'ai été lâche... Je me rongeais les ongles jusqu'au sang. Accoucher à l'aube de la quarantaine a fait changer mes priorités. Je suis une maman impliquée, à l'aise dans ses baskets et sur ses talons hauts. Ce qui n'empêche que je mets toujours des tonnes de fond de teint pour cacher mon affreuse peau...

A qui mentez-vous le plus ?
A moi-même. Je fais preuve d'une atroce mauvaise foi, je me raconte des histoires. Heureusement, je me rappelle à l'ordre.

Quel est votre plaisir coupable ?
Ecouter du Wagner et danser toute nue.

Qu'est-ce qui peut vous séduire ?
J'aime le côté stupide, je trouve ça sexy. J'ai des poules chez moi. Elles sont palpitantes de bêtise !

Qui est votre héroïne ?
Longtemps ma mère... et maintenant Arielle Dombasle.

Quelle qualité aimeriez-vous avoir ?
Être plus tolérante. J'ai un niveau d'exigence trop élevé avec mes enfants. J'aimerais avoir plus d'élasticité, être moins raide dans mes émotions.

Pourriez-vous vivre sans téléphone portable ?
Je suis incapable, je passe mon temps à appeler, à envoyer des SMS. J'espère d'ailleurs que je n'ai pas trop agacé Suzanne et Johanna ! Avant chaque prise, je suis pendue au téléphone, c'est ma façon de me concentrer.

De quoi êtes-vous fière ?
Je suis contente que l'on s'intéresse à moi pour mon travail, pour les films que je fais...

Qu'est-ce qui peut vous rendre violente ?
J'ai un côté sanguin, agressif. Je ne supporte pas le manque, les déceptions, le glamour obligatoire, mais je me soigne...

Quel métier auriez-vous pu exercer ?
Je voulais être maquilleuse. J'avais commencé une formation pour sublimer les actrices. Je ne suis pas jalouse du physique des autres, je suis même bienveillante, mais côté artistique, j'avais du mal à modérer les quantités et la pauvre Anne Brochet dont je me suis occupée ressemblait à un pot de peinture !

Vous êtes drôle, provocante, charismatique, est ce qu'il y a encore des choses qui vous font peur ?
Tout. Je suis une grande angoissée.

Qu'est-ce qui vous rassure aujourd'hui ?
La cellule familiale. Ce qui m'a toujours fait flipper me protège... J'ai dit que je n'aurai jamais d'enfant... et puis j'ai rencontré Philippe. Je n'ai plus le droit de manquer de confiance : j'ai la responsabilité de Billy, trois ans, et Alfred, deux ans. J'ai un rapport assez sain avec l'autorité. Je ne suis pas trop dans l'affect et plutôt sereine.

Qu'est ce qui plaît chez vous ?
Je ne me la raconte pas, je ne joue pas les mystérieuses. J'ai des défauts, des doutes, mais je partage toutes mes galères, ça fait marrer...

Et qu'est-ce qui vous déplaît ?
La même chose. Je suis quelqu'un qui parle énormément, ça me fatigue alors j'imagine que ça doit être saoulant pour mon entourage. A force de dire tout ce que je pense, je dois blesser les gens...

Julie, si vous étiez...

un mot : extraordinaire
Un végétal : une violette
Un film : Chantons sous la Pluie
Une recette de cuisine : Des pommes de terre, sous n'importe quelle forme
Un animal : Une vache qui regarde passer les trains avec beaucoup de calme, de tranquillité, de sérénité.
Si vous étiez une drogue : le millepertuis !
Si vous étiez une chanson : Je serais... "J'adore" de mon amoureux Philippe Katerine
Une odeur : L'odeur de l'herbe le matin avec un petit peu de rosée
Et si vous étiez un homme : Giuseppe Verdi, le plus grand compositeur du monde, un vrai romantique

 

 Voir aussi l'interview de Suzanne Clément :

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A la Vie © Le Pacte/ Elzevir Films / France 3 Cinema