Karin Viard et Emmanuelle Devos, amies ou presque...

Dans "On a failli être amies", Karin Viard et Emmanuelle Devos interprètent Marithé et Carole, deux femmes que tout oppose, amenées à se rapprocher pour mieux s'éloigner. Ces deux actrices se livrent au Journal des Femmes.

Karin Viard et Emmanuel Devos interview On a failli être amies
© Mars Distribution

A l'occasion de la sortie de On a failli être amies, Le Journal des Femmes a rencontré Karin Viard et Emmanuelle Devos. Complices, complémentaires, les deux actrices terminent les phrases l'une de l'autre, rigolent, se relancent. Pour nous, elles abordent leur rapport à la féminité, à la séduction ou encore au temps qui passe.

Le Journal des Femmes : Comment Anne Le Ny vous a-t-elle proposé de jouer dans On a failli être amies ?
Karin Viard : Elle a écrit les rôles pour nous. Elle nous a appelées l'une et l'autre et nous a dit "je suis en train d'écrire un film pour vous deux". On lui a répondu "chouette, on le fait !" C'était aussi simple que ça.

Emmanuelle, Carole a vécu dans l'ombre de son mari. Vous auriez pu agir ainsi ?
Emmanuelle Devos : Impossible ! A 8 ans, j'ai commencé à me dire que je gagnerai toujours ma vie, que je ne dépendrai jamais de personne. Quand je voyais ma grand-mère demander de l'argent à mon grand-père en fin de mois et qu'il râlait parce qu'elle avait encore acheté une paire de chaussures, ça me rendait dingue !

karin
Karin Viard dans "On a failli être amies" © Mars Distribution

Karin, Marithé est solitaire. Cela vous ressemble ?
K. V. : Marithé s'est oubliée, ce qui n'est pas mon cas. Si j'ai le malheur de me sacrifier pour quelqu'un, après je présente la facture et c'est trop trop lourd [rires]. Je n'aime pas la solitude non plus. Je n'ai pas l'impression que ça aide à prendre des décisions, bonnes ou mauvaises. J'ai besoin de mouvement, de bruit autour de moi. Si ça s'arrête, ça me fait peur.

Dans le film, la cuisine joue un double rôle de séduction et de plaisir quotidien. Quels sont vos petits plaisirs ?
K. V. : J'aime faire des choses qui me détendent. Je suis un peu stressée donc dès que je prends des cours de souffle, de barre au sol, c'est très satisfaisant pour moi. Sinon je fais la toupie, je cours, je ne m'arrête jamais... et je me fatigue toute seule.
E. D. : Moi c'est l'inverse : dès que je peux me poser quelque part, comme une moule sur un rocher et ne rien faire, c'est un luxe inouï. Je suis ravie quand je peux rester sur mon canapé et regarder le mur pendant 10 minutes. J'ai besoin de déconnecter.

Avez-vous déjà été séduite de manière détournée, autrement que par la simple attirance physique ?
K. V. : En vieillissant, c'est plutôt ça qu'on rencontre ! Mes filles, qui sont ados, sont amoureuses du type vraiment mignon. Evidemment, celui là, dix autres lui tournent autour. Avec le temps, on se débarrasse un peu de l'apparence physique parce qu'on se rend compte que la connivence, l'intelligence, l'humour prennent le pas sur beaucoup d'autres choses. Bon, le mec avec un ventre de femme enceinte n'est pas séduisant pour autant [rires].

Le temps qui passe vous angoisse-t-il ?
E. D.
: De moins en moins, bizarrement. Il faut surtout ne pas y penser. Au lieu de se soucier de son apparence, il vaut mieux se concentrer sur son cerveau, se cultiver. Les femmes sur-liftées qui n'ont pas lu de livres depuis 10 ans m'angoissent terriblement. On n'y peut rien, on vieillit. Plutôt que de se rendre à la salle de gym, mieux vaut lire ou aller au musée.

emmanuelle
Emmanuelle Devos dans "On a failli être amies" © Mars Distribution

A quel moment vous êtes-vous sentie femme ?
K. V.
: Quand j'ai eu ma première fille. Etrangement, j'ai eu l'impression que mon corps existait comme il n'avait jamais existé.
E. D. : Je ne sais pas si ça m'est déjà arrivé [rires] ! J'ai vraiment une apparence féminine, pourtant je m'imagine en permanence avec mon corps d'enfant. Je le vois dans mes gestes, ce petit enfant qui est encore là... Même si je fais attention dans les films. C'est assez drôle.

Avez-vous un souvenir de tournage qui vous a marquée ?
E. D. : Oui ! Quand Roschdy [Zem, ndlr] a soigné le dos de Karin sur une départementale ! [Karin Viard ne semble pas s'en souvenir...] Si ! Tu avais très mal au dos, tu étais allongée au sol et il te montrait des gestes à faire. Tu soupirais de soulagement. Karin était donc les pattes en l'air sur une petite route de campagne pendant que Roschdy Zem jouait au kiné. C'était surréaliste !

Emmanuelle Devos, si vous étiez...
Un film : Tess de Roman Polanski
Une musique : celle du générique de fin des Quatre Cent Coups, de Truffaut
Un livre : Le Garçon Incassable de Florence Seyvos
Un plat : des œufs à la coque
Une odeur : celle de mon amoureux
Un animal : un margouillat
Un homme : Mads Mikkelsen

Retrouvez le portrait chinois de Karin Viard

Tentez votre chance et gagnez 50 places de cinéma pour aller voir "On a failli être amies".

emmanuelle karin
Karin Viard et Emmanuelle Devos dans "On a failli être amies" © Mars Distribution