Rencontre avec Aurélie Cabrel, "fille de", fille adorable et super douée

Aurélie Cabrel, fille du célèbre Francis Cabrel, a un talent immense et bien à elle. Entretien avec une jeune artiste prête à tout pour vivre de sa passion, la musique.

Aurélie Cabrel fille Francis Cabrel
© Aurélie Cabrel Rise Up

Aurélie Cabrel revient avec "A la même chaîne", un nouvel album dans lequel elle partage son univers de jeune fille sensible et épanouie. L'occasion de poser quelques questions à celle dont le père n'est autre que l'un des plus célèbres emblèmes de la chanson française.

Le Journal des Femmes : Quel est votre premier souvenir musical ?
Aurélie Cabrel : Mon premier souvenir musical a été d'entendre mon père jouer de la guitare. Cela faisait partie de mon quotidien, j'entendais ses gammes partout dans la maison. C'est un souvenir qui m'évoque l'enfance, la famille.

Comment décririez-vous votre univers ?
A.C. : Mon univers, c'est la Variété et je n'ai pas peur de le dire. Il est vrai que ce mot est souvent perçu de manière péjorative, mais je suis très fière d'en faire. Mes influences musicales sont très variées et vont de la chanson française à la Pop en passant par la musique classique.

Quels sont vos artistes de références, vos sources d'inspiration ?
A.C. : C'est une question à laquelle j'ai beaucoup de mal à répondre. J'ai été bercée par les musiques du monde, le vieux rock, le classique, le jazz et même le reggae. Pas par des individus en particulier. C'est plus d'un parcours de vie dont il est question.  

Comment se passe la création d'un morceau ?
A.C. : Je n'ai pas de recette particulière pour confectionner un morceau. Souvent, j'écris un texte sur un sujet qui me touche ou une situation qui m'a marquée. La méthode que je préfère, c'est celle que j'appelle la "méthode de l'entonnoir" : je pars d'un texte et je tente de mettre des mots sur cette musique, ou à l'inverse je tente d'habiller une chanson. En réalité, il n'y a pas de loi prédéfinie. Toutefois, contrairement à certains artistes qui ont besoin d'être au plus mal pour composer et être productifs, j'ai besoin d'être bien dans ma vie afin de parvenir à extérioriser les choses.

Avec qui aimeriez-vous faire un duo ?
A.C. : Je fonctionne au gré des rencontres et mes projets musicaux naissent souvent de ces rencontres hasardeuses : c'est ce qui me procure des émotions particulières. Je ne peux pas dire avec qui je souhaiterais faire un duo car j'aurais trop peur d'être déçue. Rencontrer une personne avec laquelle je partage les même valeurs, c'est cela qui me donne envie de faire un duo. Qui plus est, c'est excitant de ne pas savoir avec qui sera sa prochaine collaboration !

Pourquoi avoir choisi le titre "A la même chaîne" pour votre album ?
A.C. : "A la même chaîne" est une chanson présente sur l'album que j'ai co-écrite avec Olivier Béranger, or j'aime beaucoup nommer mes albums avec le titre d'une chanson présente à l'intérieur. Elle traite de multiples sujets telles que la solidarité, la société, l'amour, l'amitié... Et insiste également sur le fait que quoi que l'on fasse, il faut toujours réfléchir aux conséquences.  

Avant de vous lancer dans la chanson, vous étiez manager. Pourquoi avoir voulu passer de "l'autre côté" ?
A.C. : Ce fût une expérience aussi fabuleuse que compliquée. Je connaissais le métier de chanteur à travers la réussite de mon père et j'ai ainsi pu découvrir une réalité toute autre. En manageant des groupes, je me suis rendue compte qu'il était très difficile de percer dans la musique aujourd'hui et cela m'a permis de partir dans ce métier avec de l'utopie en moins, cela m'a rendue plus forte et plus zen. En parallèle de mon métier de manager, j'écrivais et j'ai ensuite fait un stage destiné aux auteurs, compositeurs et interprètes. J'ai alors fait la rencontre d'Esthen, qui m'a proposé de travailler avec lui. Il a eu une influence musicale très forte sur moi et cela a été une véritable révélation personnelle. Par ailleurs, le métier de manager est à 100% tourné vers les autres, on s'oublie et on nous oublie souvent. J'ai fait du théâtre pendant dix ans et j'éprouvais ainsi le besoin de me retrouver sur scène en assumant qui j'étais. Lorsque je me suis rendue compte à quel point je me sentais vivante sur scène, je me suis dit "C'est ce que je veux faire".

Qu'est que ça fait de porter ce nom de famille ?
A.C. : Lorsque je suis née, mon père était déjà ce qu'il est : il était déjà célèbre.  Je n'ai donc aucun élément de comparaison. Toutefois, il est vrai que j'ai eu une vie atypique. Enfant, dans les coulisses, on se dit que derrière le rideau, ce sont 7 000 personnes qui sont venues pour voir son papa et si l'on fait du shopping avec une copine, on peut parfois entendre son papa à la radio dans les magasins. En fait, ce sont surtout les autres qui m'ont fait prendre conscience de qui j'étais. Il faut dire que j'ai une super famille et un père très respecté de par son travail, alors je ne vais pas me plaindre, loin de là.

Pensez-vous que votre nom puisse être une aide ou un frein pour réussir dans la musique ?
A.C. : Cela aurait pu être une aide il y a trente ans, mais aujourd'hui, avec l'essor d'Internet, des artistes bourrés de talent émergent de partout. Alors c'est vrai, les rendez-vous arrivent peut-être plus vite lorsque l'on s'appelle Cabrel, mais les portes se ferment tout aussi vite car les gens sont encore plus exigeants. Il faut savoir être à la hauteur.

Votre père vous aide-t-il ?
A.C. : J'ai la chance d'avoir des parents qui respectent énormément tout ce qu'ont envie d'entreprendre leurs trois filles. De plus, ils sont toujours objectifs : si une chanson ne leur plaît pas, ils me le disent et si elle leur plaît aussi. Bien sûr, c'est un métier qui peut faire peur à des parents puisque c'est un métier qui n'apporte pas forcément une stabilité de vie rassurante, mais chacun reste à sa place et il n'y a pas de piston car ce n'est pas le genre de la maison. Mon père a beaucoup de valeurs et souhaite que ses enfants réussissent avec leurs propres moyens.  

Quel est le dernier disque que vous avez acheté ?
A.C. : London Grammar. Je les ai découverts sur une émission de télé et j'ai tout de suite adoré. J'ai aimé la musique mais aussi ce qui s'en dégageait, leur simplicité vestimentaire. De nos jours, on se base souvent sur les apparences en premier. Là, on ne perçoit que leur musique. C'est rassurant.

Une chanson que vous avez honte d'aimer ?
A.C. : J'assume toutes les chansons que j'écoute mais parfois, pour me faire rire, j'écoute "Et mes chaussettes rouge et jaunes à petit pois" de Dorothée. Elle me met toujours de bonne humeur ! 

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Aurélie Cabrel © Rise Up
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Le nouvel album d'Aurélie Cabrel, "A la même chaîne" © Rise Up