Cannes : Lola Bessis, jeune réalisatrice pleine

Lola Bessis, 23 ans, a écrit, réalisé, produit et joué le premier rôle de "Swim Little Fish Swim", long-métrage indé réjouissant. A Cannes pour présenter son premier opus au marché du film, la talentueuse cinéaste nous a raconté cette aventure.

Cannes 2014 interview Lola Bessis

En plein Festival de Cannes, Lola Bessis a l'air d'une charmante starlette sur la Croisette. Cette jeune cinéaste de 23 ans au look coloré s'assoit avec nous sur le ponton du Majestic pour parler de son premier "bébé". Swim Little Fish Swim est le fruit de sa collaboration avec son compagnon, Ruben Amar. Un film à l'image de sa créatrice : délicat, frais et inspiré.

Le Journal des Femmes : Swim Little Fish Swim a vraiment un univers particulier. Comment le définiriez vous ?
C'est une comédie. New yorkaise, c'est important. Indépendante aussi, au sens de libre. Une comédie new yorkaise indépendante romantico-dramatique. Et accessible à un large public. Même si on sait que ça ne fera pas autant d'entrées que Star Wars (rire) !

L'aventure Swim Little Fish Swim a débuté alors que vous aviez 21 ans. Qu'est-ce qui vous a poussée à vous lancer si jeune ?
Bizarrement, j'avais déjà l'impression d'avoir pris du retard. J'ai envie de réaliser des films depuis très longtemps. Pour faire plaisir à mes parents, j'ai suivi des études qui ne me plaisaient pas trop. J'étais frustrée. Alors je suis partie à New York faire une formation intensive et je me suis jetée à l'eau.

Comment vous est venue l'idée de ce film ?
C'est parti d'un délire avec mon copain, Ruben Amar, co-réalisateur. Il cherchait à faire un long-métrage et un jour je lui ai dit "Viens, on va acheter une caméra et on se filme tous les deux dans New York". La caméra a dormi dans le placard pendant plusieurs semaines. Et finalement, nous avons décidé de faire quelque chose de plus approfondi.

A vous écouter parler de vous, on a l'impression que c'est un film autobiographique. C'est le cas ?
Pas vraiment. On s'est surtout inspirés des gens qui nous entouraient, de la ville. Dès qu'on sortait dans la rue, on repérait des éléments à mettre dans le film.  Un soir à Brooklyn, on est allés à un concert d'un musicien qui jouait avec plein de petits instruments partout. On s'est dit qu'on allait chercher à imaginer sa vie. Au final, on a tourné dans notre propre appartement et le livreur de nourriture mexicaine ou encore le vendeur de poissons sont des new-yorkais qui jouent leur propre rôle !

Qu'est-ce qui vous a le plus plu entre la réalisation, la production, l'écriture et le jeu ?
La production, c'était davantage une nécessité. J'ai beaucoup aimé l'écriture et le jeu mais je ne pense pas que je recommencerai à faire les deux. C'était très difficile par moment. J'avais l'impression de tout faire à moitié.

Jane Campion pense qu'il n'y a pas assez de femmes réalisatrices. Vous êtes d'accord ?
Il n'y en a pas assez mais il y en a de plus en plus, en France notamment. Sans vouloir faire de féminisme bas de gamme, je trouve que ce sont souvent les plus douées. Les films de Justine Triet, de Julie Delpy, de Jane Campion justement, sont tous très réussis. Même la série de Lena Dunham est top !

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
Avant même d'avoir une culture cinématographique, j'avais envie d'inventer des mondes parallèles. J'ai toujours aimé écrire, m'inventer un monde. Avec la réalisation, on peut sortir un univers de son cerveau pour le transposer à l'écran.

Si vous étiez...
Un film : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard
Une musique : un rockabilly des années 50
Un parfum : Infusion d'Iris de Prada
Un plat : des pâtes al dente, sauce tomate et basilic
Un roman : L'Immortalité de Kundera
Un homme : Je n'ai pas envie d'être un homme !

photo (1)
Le selfie cannois de Lola Bessis © DR