Jean-Luc Delarue, la descente aux enfers
Jean-Luc Delarue s'en est allé. Après une carrière dans les médias qui aura duré près de 25 ans, l'homme à l'oreillette a succombé à un cancer le 23 août. Des sommets de la gloire à la chute, retour sur la vie d'un mythe de la télévision française.
Radio, présentation d'émissions de télé, production de documentaires... Les médias n'avaient aucun secret pour Jean-Luc Delarue. En 25 ans, ce Parisien de naissance est devenu une figure incontournable du PAF.
La consécration à 30 ans

Le succès est immédiat. De 1994 à 2009, l'animateur brille sur le petit écran tous les mercredis soirs, écoutant les problèmes des gens. Il plaît beaucoup, surtout aux ménagères grâce à son allure de gendre idéal et son empathie.
Le visage incontournable du PAF
Jean-Luc Delarue gère également sa casquette de producteur avec brio. Il signe des reportages pour M6, France 3 ou encore France 2, produit des émissions pour TF1, Canal + et les chaînes publiques, lance des talents comme Evelyne Thomas ("C'est mon choix") ou encore Stéphane Plaza ("Recherche appartement ou maison")... En clair : l'homme est un génie des médias !Fin des années 90, début des années 2000, à la télé ou dans les coulisses du PAF, impossible de passer à côté de Jean-Luc Delarue. Insatiable, le Parisien né le 24 juin 1964 ouvre même un restaurant à Paris (Le Nobu) ! En 2008, son salaire aurait même atteint les 40 000 euros par mois.
Les problèmes judiciaires

Son quotidien hors du commun lui fait tourner la tête. A force de côtoyer les sommets de la célébrité, Jean-Luc Delarue perd pied. Même si 2006 est l'année de la naissance de son fils Jean, né de son amour avec l'animatrice et journaliste Elisabeth Bost, elle est aussi l'année du déclin.
Le président de Réservoir Prod est condamné pour sa façon de gérer ses salariés. Les différences qu'il fait entre ses employés déplaisent, sa façon de manager est ouvertement critiquée. Dans sa vie privée, Jean-Luc Delarue est aussi déroutant. 2007 : l'animateur perd la maitrise de lui-même dans un avion (il a insulté, mordu et giflé un steward et touché les seins d'une hôtesse de l'air). Il écope d'un stage de citoyenneté.
Les ennuis se poursuivent début 2008, date à laquelle sa société de production subit dredressement fiscal. En 2009, il est privé de direct par France Télévision à la suite d'un incident lors de la cérémonie des Globes de cristal.
La déchéance

Pendant des années, d'abord dans "Ça se discute" puis dans "Tout une histoire", l'animateur avait des allures de psychologues, écoutant les problèmes les plus intimes de centaines de personnes et les conseillant... Les rôles sont désormais inversés, le mythe est cassé.
La bonne parole
Jean-Luc Delarue trouve encore la force de rebondir malgré l'humiliation. Il décide de se racheter une conduite en répandant la bonne parole. Fini les soirées parisiennes, les orgies de cocaïne dans les coulisses des émissions... Le gentleman reprend le dessus et crée la Fondation d'entreprise Réservoir. Objectif : lutter contre toutes formes de dépendance. Après avoir fait un mea culpa en public, Jean-Luc Delarue se lance dans un tour de France en camping-car pour informer dans les lycées, les jeunes sur les risques de la drogue.
Son dernier combat contre le cancer

Mais son envie de reconquérir le cœur des Français sera malheureusement stoppée net. Le 2 décembre 2011, il annonce lors d'une conférence de presse à France Télévision qu'il souffre d'un cancer de l'estomac et du péritoine. Depuis, l'animateur se faisait très discret. Jean-Luc Delarue s'est offert un dernier instant de bonheur le 12 mai dernier : il a épousé sa compagne, Anissa Khel, dans sa propriété de Belle-île-en-mer. Jean-Luc Delarue a poussé son dernier souffle dans la nuit du 23 au 24 août dans un hôpital parisien à 48 ans.
Brillant, doué, plein d'humour, à l'écoute, ambitieux... Les compliments ne manquent pas pour qualifier l'homme de média. On se souviendra surtout d'une vie à 100 à l'heure, l'envie d'aller toujours plus vite et plus loin, une course contre la montre... qu'il a malheureusement perdue.
A lire aussi :