Oscar Pistorius : sa libération compromise ?

Alors qu’Oscar Pistorius s’apprêtait à bénéficier d'une libération conditionnelle vendredi 21 août après 10 mois de détention suite au meurtre de sa petite amie, le parquet sud-africain a fait appel et le ministère de la Justice a décidé de faire réexaminer sa demande.

© Themba Hadebe/AP/SIPA

Coup de tonnerre pour Oscar Pistorius. Alors qu’il devait retrouver sa liberté le vendredi 21 août, il semble que l’ex-champion paralympique n’en a pas fini avec la justice. Quelques jours après que le parquet sud-africain a annoncé qu'il faisait appel de sa condamnation, estimant que la juge aurait dû condamner l’athlète pour "meurtre" et non pour "homicide involontaire" après avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp, c'est au tour du ministère de la Justice de se pencher sur cette affaire.
L’homme de 28 ans a été condamné à cinq ans de prison mais n’a passé que 10 mois derrière les barreaux, avant de demander sa libération pour bonne conduite. D'abord acceptée, cette demande pourrait être remise en question. Le ministère de la Justice a en effet décidé de la faire réexaminer. "La décision de le libérer (à partir de vendredi) a été rendue prématurément le 5 juin 2015. En conséquence, cette décision est suspendue jusqu'à ce que les services de libération conditionnelle statuent sur la question", peut-on lire dans un communiqué. Face au tollé provoqué par l'annonce de cette probable libération il y a quelques jours, le ministre de la Justice, Michael Masutha, avait déclaré à la télévision sud-africaine avoir demandé une expertise juridique afin de savoir si cette libération était légale et s'il avait "le pouvoir de faire quelque chose". C'est chose faite. Selon le ministère, la décision de libérer l'ancien athlète rendue en juin est contraire au Code pénal sud-africain qui permet à un prisonnier de faire une demande de liberté surveillée après "avoir purgé un sixième de sa peine". Au moment où la décision a été rendue, Oscar Pistorius était incarcéré depuis un peu plus de sept mois, alors qu'"un sixième d'une peine de cinq ans représente dix mois", précise le texte.
Par ailleurs, le parquet sud-africain estime de son côté que la juge a fait une mauvaise interprétation du droit en ne retenant que l'"homicide involontaire" quand elle aurait dû condamner le sportif pour "meurtre". Le procureur a déposé ses arguments par écrit lundi 17 août. Les avocats de l’ancien champion doivent présenter les leurs à la Cour suprême d’appel avant le 17 septembre et l’affaire devrait être réexaminée en novembre. En droit sud-africain, dans ce type de procédure, le procès n'est pas révisé sur le fond, mais uniquement sur des bases juridiques, comme devant la Cour de cassation française. La Cour suprême d’appel devra donc déterminer si oui ou non, la juge en charge de l’affaire a mal appliqué le droit. Si l’institution donne tort à la magistrate, Oscar Pistorius pourrait cette fois écoper d’une peine beaucoup plus lourde, pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison.
Le 14 février 2013, le sportif a abattu  de 4 balles sa petite amie, le mannequin Reeva Steenkamp. Il a affirmé l'avoir prise pour un cambrioleur et ne jamais avoir eu l'intention de la tuer. 

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