Cannes : un homard absurde et du Pialat au menu

A Cannes, les journées sont longues. Récit d'un marathon avec trois étapes en salle obscure et un dîner orchestré comme une messe gastronomique.

Cannes : un homard absurde et du Pialat au menu
© Fiona Ipert

Vendredi 15 mai, 7h45. Si la France s'éveille encore, sur La Croisette tout le monde est déjà sur pied. Les cinéphiles sont en place à l'entrée du Palais des Festivals avec leurs pancartes "invitation please :)", les journalistes matinaux sont déjà installés dans le Grand Théâtre Lumière et nous, nous montons les fameuses marches tapissées de rouge, sans stars ni photographes, pour les rejoindre à la projection de The Lobster, du grec Yorgos Lanthimos avec Colin Farrell, Rachel Weisz et Léa Seydoux, en compétition officielle.
9h30. Les yeux nous piquent devant "le homard", mais nous ne flanchons pas face à ce film absurde, drôle et noir. Colin Farrell nous fascine en antihéros mou, sans charisme, loin de son image de badboy sexy.


13h. Le rendez-vous est pris sur la plage Nespresso. On y déjeune de la chair de crabe et du poisson pour faire honneur à la mer qui s'offre à nos yeux. Rappelez-nous pourquoi Paris n'est pas au bord de l'eau ?
14h50. Nous nous rendons à petite foulée à la projection des Anarchistes d'Elie Wajeman, présenté à la Semaine de la critique, dans lequel Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim jouent aux effrontés au XIXe siècle.
17h00. Un marathon, c'est épuisant. Un arrêt au stand café s'avère indispensable pour tenir le coup. Willy Cartier, visage aux cheveux longs de la marque Diesel, que nous croisons les pieds dans le sable, a dû se faire la même réflexion que nous. Cul sec !

Pause Snoopy © Autre


18h. La pause est terminée et la course reprend. Notre troisième projection du jour a lieu à l'autre bout de la ville. Sur le chemin, nous tombons sous le charme de Ben Whishaw, en balade incognito sur La Croisette. Pas le temps de nous attarder avec l'acteur britannique : Matthew McConaughey et Naomi Watts, héros de La Forêt des Songes de Gus Van Sant, en compétition officielle, nous attendent sur grand écran.


21h. Après deux heures d'introspection et de questionnement sur la mort, et après avoir écouté le film se faire huer assez injustement, nous trottinons en direction de notre stand de ravitaillement du jour, toujours la plage Nespresso.
22h. Ce soir, le chef Yves Camdeborde, inspiré par Le Soleil de Satan de Maurice Pialat, nous invite à la messe. Face à Sylvie Pialat et à son fils et dans un décor digne d'une abbaye chic, nous dînons le corps du Christ, une soupe de curé, un filet de Saint-Pierre, une poularde à la diable et une religieuse fourrée en nous délectant autant des saveurs que des idées lumineuses du chef.
00h30. Le septième ciel est atteint, mais le sommeil nous rappelle à l'ordre. Le marathon cannois ne fait que commencer.

La religieuse fourrée d'Yves Camdeborde © Fiona Ipert / Le Journal des Femmes

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