Vincent Lacoste, Anthony Sonigo et William Lebghil, touchants de féminité

Exit la grosse voix et les muscles. Pour Jacky au royaume des filles, les trois jeunes acteurs ont mis de côté leur virilité et accepté d'être maltraité par les filles. Ils nous racontent.

Vincent Lacoste, Anthony Sonigo et William Lebghil, touchants de féminité
© Kate Barry

Après Les Beaux gosses, Riad Sattouf retrouve deux de ses acteurs fétiches Vincent Lacoste (Jacky) et Anthony Sonigo (Juto), et convie William Lebghil (Vergio), un jeune acteur avec lequel il avait précédemment travaillé. Devenus ses amis, il n'était pas question de faire sans eux. Dans Jacky au royaume des filles, ils quittent leur peau acnéique-d'ado-bêbête-et-moche pour une voilerie informe. Décidément pas gâtés avec Riad Sattouf ? Ils lui doivent bien ça, reconnaissent-ils.  

jacky au royaume des filles
Le bal de la Colonelle © Kate Barry 

LeJournalDesFemmes.com : Au royaume des filles, qui êtes-vous ? 
Vincent Lacoste : J'interprète Jacky, jeune célibataire pas très intelligent, qui rêve de se marier avec la Colonelle (interprétée par Charlotte Gainsbourg, nldr) comme tous les hommes de la République de Bubunne. Je pars avec un bon avantage car je suis l'un des plus beaux du village, toutes les femmes veulent me marier.
Anthony Sonigo : Je suis Juto, le cousin de Jacky et le frère de Vergio pour qui je voue une grande admiration et en qui je vois le prochain grand couillon.
William Lebghil : Je suis Vergio, l'autre cousin et rival de Jacky. Je fais partie du "haut du panier"

vincent lacoste
Vincent Lacoste est Jacky © Pathé Distribution

Qu'avez-vous pensé de cette histoire de Cendrillon inversée lorsque vous l'avez découverte ?
Vincent Lacoste : Connaissant l'univers de Riad, je n'ai pas été très surpris, et ça m'a fait marrer. J'avais un peu de mal à imaginer ce que cela rendrait visuellement mais j'ai vite compris lorsque je me suis retrouvé affublé de la voilerie. Au-delà de l'aspect comique, l'histoire de Jacky a de la profondeur : il est critique non pas envers une religion ou un type de société, mais à l'égard du monde. C'est ce qui m'a plu. 
William Lebghil : J'ai immédiatement fait le rapport avec l'une des histoires de Pascal Brutal (personnage de bande-dessinée de Riad Sattouf, ndlr). Cela dit, c'est certain que c'est du jamais vu comme histoire, donc c'était très excitant.
Anthony Sonigo : Je n'ai pas été surpris non plus. C'est du pur Riad !

Aimeriez-vous vivre dans un royaume dominé par les femmes ?
William Lebghil : Pas dans celui-ci !
Vincent Lacoste : Pareil. Dans le monde imaginé par Riad, il y a une totale perte de la féminité. Les femmes sont de vrais hommes, musclées, qui aiment les armes. Pas hyper excitant !

Comment avez-vous vécu le fait de porter une voilerie ?  
William Lebghil : Au-delà du fait que ce n'était pas du tout confortable, - j'avais la tête hyper serrée -, ça m'a beaucoup aidé à minimiser ma virilité.
Vincent Lacoste : C'était intéressant d'apprendre à incarner un garçon sans aucune virilité. Même si dans la vie je ne suis pas un mec super viril, j'ai une grosse voix que j'ai dû gommer. La voilerie a bien aidé. Elle était faite de telle manière qu'elle modifiait notre gestuelle, on était obligé de se courber. Elle nous mettait bien en condition de soumis.

william lebghil anthony sonigo
William Lebghil est Vergio et Anthony Sonigo, Juto  © Pathé Distribution

Riad est-il un despote sur un plateau ?
Anthony Sonigo : C'est un pote pas un despote (rires). Il sait ce qu'il veut.
William Lebghil : Il est exigeant mais toujours juste.
Vincent Lacoste : C'est vrai qu'il est plus exigeant avec nous mais c'est parce qu'il nous connaît. Quand il trouve mon travail mauvais, il ne se prive pas de me le dire. Ça ne fait pas de lui un despote car je sais qu'il veut tirer le meilleur de moi-même. D'ailleurs, Riad m'avait proposé le rôle de Jacky si et seulement si j'obtenais mon bac !
Les 3 : Pas de polémique à ce sujet, Riad n'est pas un dictateur, et on l'aimera toujours ! (rires) 

Avec les autres acteurs, comment cela s'est-il passé ?  
Anthony Sonigo : C'était incroyable de tourner avec de telles personnalités à nos âges. Ils ne faisaient aucune différence. Didier Bourdon jouait même la nounou.
Vincent Lacoste : Ce n'était pas toujours facile de rester sérieux face à Didier Bourdon qui a une présence comique impressionnante. Avec Noémie, il faut être réactif. Elle ne joue pas, elle est.

Et avec Charlotte Gainsbourg, les scènes d'intimité ? 
Vincent Lacoste : C'est toujours un peu gênant mais sur un tournage, mes partenaires féminines sont des collègues de travail. Il n'y a pas d'ambiguïté !
William Lebghil : Ils se sont mis d'accord pour ne pas continuer après (rires).

Au quotidien, vous sentez-vous plutôt dominant ou soumis ?
Vincent Lacoste : Soumis, par moi-même. Et avec ma fiancée, je ne suis ni soumis, ni dominateur.
Anthony Sonigo : Peut-être un peu soumis par le système, qui nous entraîne dans un truc de moutons parfois... Mais en tant qu'acteur, on a la chance de ne pas avoir de "vrais" patrons.

Si vous étiez une femme ?
Vincent Lacoste : Je serais moi mais en femme ! En fait, j'aimerais bien être une fille. Je trouve les filles plus intelligentes que les garçons.
William Lebghil : Jeannie Longo (une coureuse cycliste française, ndlr)
Vincent Lacoste et Anthony Sonigo rient
William Lebghil : Ben quoi, elle a un super parcours ! Sinon, Noémie Lvosvky, Charlotte Gainsbourg.
Anthony Sonigo : J'aimerais être aussi parfaite que ma mère ! Et sinon pourquoi pas Nathalie Portman.
William Lebghil : En fait j'aimerais bien être vous !