Françoise Dorléac, la fureur de vivre : photos intimes

Incandescente, extravagante, effervescente, exubérante et pleine de charme… Françoise Dorléac était la profusion, l'excès de fantaisie, la ferveur, la poésie, un tourbillon gracieux, désarmant, que rien ne pouvait apaiser... Une étoile filante qui s'est consumée dans l'incendie de sa voiture, sur la route de l'Esterel, entre Nice et Saint-Tropez, le 26 juin 1967. Retour, en images, sur son destin brisé.

Jouer n'était pas seulement son rêve d'enfant, c'était son désir, sa force, son mouvement. La comédie, sa raison de vivre. Enfant de la balle, Françoise voit le jour le 21 mars 1942 à Paris. La gamine, excessive, exaltée, fantasque, grandit dans un petit appartement, boulevard Exelmans. Ses parents, Maurice Dorléac et Renée Simonot, sont tous les deux acteurs… L'aînée des quatre filles Dorléac entend bien mettre son grain de sel et de folie en scène. Indisciplinée, réfractaire à l'ordre et à la scolarité, la jeune rebelle fait des étincelles dès l'âge de 10 ans dans Heidi de Luigi Comencini, se risque au doublage (elle est la voix de Sandra Dee dans Le Mirage de la Vie de Douglas Sirk), entre au Conservatoire d'art dramatique, fait ses premiers pas devant les caméras, brille à la télévision, puis triomphe au théâtre dans Gigi, d'après Colette.
Sa sœur d'un an sa cadette, Catherine, plus brune, plus discrète, moins tourmentée, deviendra icône du 7e Art… mais pour l'heure, les frangines sont inséparables. Françoise, boulimique de travail, tourne dans près de vingt films, rayonne à l'étranger.
Mannequin pour Christian Dior, ambitieuse, instable, elle cultive une exigence folle, une voix haut perchée, une ironie féroce. Tour à tour châtain puis rousse, elle a un visage mouvant, de faux airs d'Audrey Hepburn ou de Françoise Hardy, une fébrilité désarmante et des gestes saccadés.
Cette diva angoissée s'éprend du comédien Jean-Pierre Cassel à l'Épi Club, une boîte de nuit à la mode, devient la chère et tendre "Framboise" de François Truffaut, puis la fiancée de Guy Bedos. Elle fascine les hommes, le public, mais reste instable et impossible à dompter. Sa fausse jumelle, beauté classique, enfant modèle, puis belle de jour s'impose, froide, distante, raisonnée. Catherine se teint en blonde incarne la féminité altière, quitte sa famille et fait un enfant avec Vadim.

En mai 1964, Françoise Dorléac, nouvelle égérie du cinéma français est sur La Croisette pour la présentation de La Peau Douce, mais caresses et compliments vont à la jeune première Catherine, qui sous le nom de Deneuve enchante avec Les Parapluies de Cherbourg. Entre celle qui a tout d'une star et sa benjamine auréolée par hasard, les rôles s'inversent. Jacques Demy magnifie la confusion avec Les Demoiselles de Rochefort, en 1967. Cette même année, Françoise Dorléac se tue au volant. Elle dérape au niveau de Villeneuve-Loubet, reste prisonnière des flammes de son véhicule, propulsé à vive allure, et meurt, à 25 ans. Inhumée à Seine-Port, le village de ses vacances, Françoise Dorléac continue de nous inspirer. Son souvenir ne s'est jamais éteint. Son talent, sa frénésie et son rire résonnent encore, insufflant un vent  de vivacité.