Claude Chabrol

Biographie

Date de naissance 24/06/1930
Lieu de naissance Paris
Pays France
Signe astrologique Cancer
En couple avec Aurore Pajot
Amis Jean-Luc Godard, François Truffaut, Éric Rohmer

Claude Chabrol : l'épicurien qui ne devait pas vivre

Fantasque et iconoclaste, Claude Chabrol fait partie de ces réalisateurs qui ont marqué les esprits, tant par sa gouaille franchouillarde, la particularité de son cinéma, que par son caractère de bon vivant affiché. Un état d'esprit comme une revanche sur une vie qui faillit s'arrêter pour lui dès le ventre maternel : les médecins de l'époque préconisaient de stopper la grossesse à trois mois à la suite de l'asphyxie des parents dans leur appartement. Dès l'âge de quatre ans, il est fasciné par le cinéma dont il fréquente assidûment les salles obscures.

Un mariage argenté

Après des études de lettres, de droit et de pharmacie infructueuses, il épouse en 1952 sa première femme, fille d'un haut fonctionnaire. Il est embauché en 1955 par La Fox en tant qu'attaché de presse tout en restant critique de cinéma dans la revue "Les Cahiers du cinéma". En 1957, son épouse hérite et devient multimillionnaire. Elle le soutient dans ses projets de réalisation et l'aide à fonder sa première société de production. Naissent deux enfants de cette union : Jean-Yves et Matthieu. Fin 1957, ces deux longs-métrages "Le Beau Serge" et "Les Cousins" marquent le début de la période Nouvelle Vague qui réunit également ses amis réalisateurs François Truffaut ou Éric Rohmer. Il divorce en 1964 et se remarie la même année avec l'actrice Stéphane Audran (dont il se sépare en 1980), qui participe à une majorité de ses films. Thomas, le troisième fils du réalisateur naît en 1963. En 1983, il épouse sa scripte Aurore Pajot.

La bourgeoisie moquée

Claude Chabrol continue de tourner et se fait une spécialité de la bourgeoisie qu'il ridiculise et décortique comme dans "Marie-Chantal contre le docteur Kha" en 1965, "Les Biches" en 1968 ou encore "Docteur Popaul" en 1972 avec Jean-Paul Belmondo et qui reste son plus grand succès au cinéma. Selon Chabrol, la bourgeoisie est "la seule classe qui nous reste, qui nous dirige, la plus ridicule, la plus intéressante. On peut taper dessus... On a l'impression de taper dans le vide, mais pas complètement" et le réalisateur ne se gêne pas pour en faire son fer de lance dans la majorité de ses films. Une façon d'exorciser ses angoisses pour celui qui a "eu peur toute sa vie d'être un bourgeois".

Le renouveau de Claude Chabrol avec sa muse Isabelle Huppert

Une inspiration un peu essoufflée jusqu'à la fin des années 70 vient ternir la carrière de Claude Chabrol. C'est en 1978 qu'il découvre la jeune actrice Isabelle Huppert qui deviendra son égérie. Il la fait tourner dans sept de ses films, dont les plus marquants restent "Une affaire de femmes" en 1989, "Madame Bovary" en 1991, "La Cérémonie" en 1995 (qui offrira le seul César de la meilleure actrice à la carrière prolifique d'Isabelle Huppert) ou encore "L'Ivresse du pouvoir" en 2006. Mise en tête d'affiche dans des rôles de femme de pouvoir(s), Isabelle Huppert reste une collaboration salvatrice pour le cinéma de Claude Chabrol jusqu'à la fin de sa carrière. Décédé en 2010, le réalisateur est aujourd'hui inhumé au Père-Lachaise.