Benoît Hamon et les femmes : quel est son programme ?

En remportant largement la primaire citoyenne de la gauche, Benoît Hamon est devenu le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 2017. Quelles sont ses mesures à destination des femmes ? Comment définit-il le féminisme, lui qui se déclare du mouvement ? Le Journal des Femmes s'est penché sur ces questions à l'approche du vote qui élira le futur locataire de l'Elysée.

Si l'on peut regretter le manque de place accordé aux droits des femmes dans les débats télévisés entre les candidats à la présidence de la République, la thématique n'est pourtant pas absente de leurs programmes. Laura Slimani, porte-parole de Benoît Hamon, a ainsi présenté lors d'un point presse les mesures de l'ancien ministre en faveur de l'égalité hommes-femmes et affirmé la volonté du candidat, qui a assuré qu'il serait "un président féministe", de "faire exister ce sujet dans la campagne autrement que par le prisme de l'Islam", en référence à la stratégie de Marine Le Pen. Tour d'horizon, non exhaustif, de son programme.

En matière d'égalité professionnelle, Benoît Hamon propose de lutter contre les discriminations en créant une brigade spécialisée, qui agirait en complément de l'inspection du travail, dont les contrôles seraient par ailleurs augmentés.

Au chapitre des violences faites aux femmes, le candidat veut garantir la protection des victimes dès le dépôt de plainte au commissariat, jusqu'au jugement de leur agresseur. Il propose également la création de 4 500 places d'hébergement dans des structures spécialisées, notamment pour les jeunes femmes victimes de violences ; la formation des fonctionnaires en la matière pour proposer un accueil spécifique dans les commissariats à travers un référent violences faites aux femmes et le jugement de ces affaires par des magistrats spécialisés.

Congé paternité et gouvernement paritaire

Concernant la parentalité, Benoît Hamon veut étendre le congé paternité à 11 jours obligatoires, pour "répondre au désir des pères de s'impliquer davantage".  Il compte aussi développer les campagnes de sensibilisation à l'école et dans l'entreprise et lancer un grand plan de lutte contre le sexisme afin de faire évoluer les mentalités. Enfin, le candidat veut créer une Cité nationale des femmes, pour "faire rayonner leur histoire et leurs créations". La France ne compte en effet  aucun musée sur leur histoire, souvent bien différente de celle enseignée à l'école et racontée d'un point de vue majoritairement masculin.  

Benoît Hamon s'engage par ailleurs à constituer un gouvernement paritaire s'il est élu le 7 mai et a évoqué la possibilité de nommer une femme Premier ministre. Laura Slimani précise que l'équipe de campagne du candidat dénombre autant de femmes que d'hommes porte-paroles et qu'il compte parmi ses soutiens de nombreuses figures féminines de la politique : Christiane Taubira, ancienne Garde des Sceaux, Marilyse Lebranchu, ancienne ministre de la Fonction publique et Emmanuelle Cosse, ministre du Logement. Des soutiens féminins, gage en retour d'un soutien concret à la cause des femmes ?

Biographie

Date de naissance 26/06/1967
Lieu de naissance Saint-Renan
Pays France
Signe astrologique Cancer
En couple avec Gabrielle Guallar
Amis Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti
Twitter https://twitter.com/benoithamon

Benoît Hamon, l'outsider devenu vainqueur

Alors qu'il ne partait pas favori, Benoît Hamon s'est imposé lors des primaires citoyennes de la gauche 2017 en l'emportant au second tour face à Manuel Valls, avec 58,7% des voix. Une ascension fulgurante pour ce frondeur qui a gravi tous les échelons du Parti socialiste.

Le "petit Benoît" dans la cour des grands

Dès la fin des années 80, Benoît Hamon milite contre le projet de loi sur l'enseignement du ministre de l'Education d'alors, Alain Devaquet et s'engage auprès de l'Unef et SOS Racisme. Il arrive ensuite à Paris, adhère au Parti socialiste et intègre le mouvement des jeunes Rocardiens. Sa licence d'histoire en poche, Benoît Hamon devient l'assistant parlementaire du député PS Pierre Brana en 1991, où il fait ses armes. Deux ans plus tard, il est nommé à la tête du Mouvement des jeunes socialistes, quuand son mentor Michel Rocard se fait élire premier secrétaire du parti. Malheureusement, ce dernier échoue peu de temps après aux élections européennes et abandonne ses rêves de présidentielles : celui que l'on surnomme "Le petit Benoît" au sein du PS se range alors derrière Lionel Jospin pour l'élection de 1995.

Benoît Hamon se présente aux élections legislatives de 1997 dans la deuxième circonscription du Morbihan, vainement. Il devient alors conseiller chargé de l'emploi des jeunes dans le cabinet de Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi et de la Solidarité lors de la cohabitation, puis comme conseiller chargé des affaires politiques. En réponse à la surprise du 21 décembre 2002, Benoît Hamon cofonde le Nouveau Parti socialiste avec Arnaud Montebourg, Julien Dray et Vincent Peillon, mais leur rassemblement éclate finalement en 2005. Il est élu député européen en 2004 et devient porte-parole du PS entre 2008 et 2012.

En mai 2012, il est nommé ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire à la Consommation dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, avant de devenir ministre de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en 2014 dans le gouvernement de Manuel Valls. La même année, il se fait évincer du gouvernement avec les autres "frondeurs" Arnaud Montebourg et Aurélie Fillippetti en raison de divergences économiques avec le Premier ministre.

Benoît Hamon, un père de famille discret

Benoît Hamon a grandi entre la Bretagne et Dakar, où il a suivi sa scolarité du Ce2 à la 5ème. Son père était ingénieur à Brest et sa mère, secrétaire. Il est pacsé à Gabrielle Guallar, la mère de ses deux filles.

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