Juliette Swildens : créatrice dans le bain pour Etam

Tout baigne pour Juliette Swildens ! Pour l'été 2017, la créatrice s'associe avec Etam le temps d'une collection capsule balnéaire. Maillot de bain fétiche, addiction aux collab' et morphologie : Juliette Swildens se confie sur cette aventure en interview.

Juliette Swildens : créatrice dans le bain pour Etam
© Swildens

Les trois petites croix qui ponctuent le logo de la marque Swildens en disent long. Comme des points de suspension, ils laissent deviner l'appétit vorace de leur créatrice pour "autre chose". Après de nombreux projets de co-création, Juliette Swildens se jette à l'eau à l'été 2017. Au côté de la marque française Etam, elle s’essaie (presque) pour la première fois à l'univers du swimwear. Comme le nom de la capsule, French Riviera, l'indique, c'est avec un cliché ancien de sa grande tante sur la côte d'Azur que tout a commencé pour la créatrice. Intuitive et sensée, celle qui a toujours baigné dans le vêtement (sa mère et sa tante fondent ensemble Bonpoint, sa tante le concept-store Merci) étudie les formes et s'imprègne de la douceur de cet été d'un autre temps. Lignes avantageuses et tons solaires : avec une efficacité brillante, Juliette Swildens est allée à l'essentiel. Peu étonnant de la part de celle qui confie refréner son (parfois trop) franc-parler. A l'orée de l'été, c'est au cœur du quartier parisien de la mode, aux pieds de ses bureaux, que nous avons rencontré la parisienne, enrichie de ses échanges avec les experts Etam et impatiente de lancer sa collab'. Entretien. 

Journal des Femmes : Vous avez créé des écharpes et des vernis avec OPI, des tapis avec Toulemonde Bochart, des chaussures avec Eram... Ne seriez-vous pas une "collab' addict" ?

Juliette Swildens : C'est un truc qui m'amuse et m'excite. J'aime passer des vêtements aux pots de peinture (avec la marque Ressource en 2015, NDLR)… En fait, ce qui est chouette, c'est de trouver les idées, le packaging, comment amener les produits. Je trouve ça amusant, constructif, créatif. J'adore faire des vêtements et des accessoires, mais je suis stimulée par les nouveaux projets.

© Etam

Comment s'est amorcée la collaboration avec Etam ?

Ils m'ont contactée pour me demander si je voulais faire une collection avec eux. Je ne savais pas s'il allait s'agir de maillots de bain ou de sous-vêtements. Dans les deux cas, je trouvais ça intéressant parce que la bonneterie, c'est un métier différent du mien. C'est un exercice de style que je n'avais jamais fait et j'adore cette nouveauté, faire des choses auxquelles je n'ai pas vraiment accès d'ordinaire. Donc j'étais super emballée. J'ai commencé à réfléchir aux sous-vêtements, aux maillots de bains, à la plage. L'idée a mûri et, un soir dans mon bureau, j'ai commencé à mettre en forme mes envies. Force a été de constater que j'avais envie de maillots de bain. J'espérais qu'ils soient dans la même optique. Il se trouve qu'en fait, eux aussi avait prévu de faire des maillots.

Qu'est-ce qui vous plait chez Etam ?

Je trouve qu'ils ont une belle image, branchée. Ils font des supers défilés, J'adore leurs shows et les fêtes d'après sont démentes ! 

C'est la première fois que vous faites des maillots de bain ?

J'en avait fait, mais en tissu de robe. Des maillots de bain "déco", sans vraie technique.   

La coupe, les couleurs pour la carnation, il y a beaucoup de contraintes dans la création des maillots de bain. Qu'est-ce qui a été le plus difficile ?

Rien. Parce que l'équipe d'Etam a réponse à tout. Ils savent exactement comment faire, qu'est-ce qu'il faut faire pour que ce soit bien. Moi, je pars du principe que quand un maillot de bain va à une fille ronde, il ira à une fille mince, donc il vaut mieux commencer à construire les modèles dans cette optique. J'ai toujours le souci de la morphologie dans mes vêtements, c'est à dire essayer de mettre en valeur les atouts et cacher ce qu'il faut. Ce qui est beaucoup plus difficile avec une petite pièce de tissu plutôt qu'avec une robe !

"Ça ne sert à rien de s'habiller si ce n'est pas pour être embellie."

Comment avez-vous procédé ?

L'idée de base de la collection, c'était une photo des années 30 de ma grande tante, qui est juste une bombe atomique, dans un maillot de bain taille haute qui épouse bien la fesse. Je suis partie du principe qu'il faut allonger la jambe car personne ne se dit "J'aimerais tellement avoir les jambes courtes", rehausser les fesses, à priori personne n'a envie d'avoir la fesse qui tombe, les seins qui tombent non plus. J'ai conçu mes maillots de bain dans cet objectif. Pas tous, parce qu'évidemment certaines filles n'ont pas les mêmes soucis et aiment les pièces échancrées. Mais, j'étais concentrée sur une jambe dégagée et enveloppée, puis après j'ai ajouté des petits froufrous etc.

Le respect des morphologies a été votre souci principal ?

Ça ne sert à rien de s'habiller si ce n'est pas pour être embellie.

A votre avis, qu'est-ce qui plait tant dans le rétro ?

C'est une tendance. Dans la musique c'est pareil. De temps en temps mes filles me disent : "Mais tu donnais cette chanson ?" . Je leur réponds : "Tu crois quoi, vous reprenez nos anciens tubes que vous remixez !" Avec les vêtements, il y a toujours un côté nostalgique, l'idée de remettre au goût du jour. Après c'est rétro, vintage, peu importe comment on l'appelle.

C'est quoi les ingrédients d'un maillot parfait, celui qu'on va vouloir remettre l'été prochain ?

Ce serait l'inverse du it-maillot de bain : hyper marqué, avec des anneaux, des détails. Celui que toutes les nanas ont sur les plages. C'est déprimant ! Mais moi j'aime les vêtements qui vieillissent, qui s'usent avec le temps. Donc, pour moi, deux étés, c'est le début de la vie pour un maillot.

C'est pour ça que vous n'avez pas trop forcé sur les motifs dans la capsule ?m

Il y a un motif qui est très discret, que j'ai dessiné. Ce n'est pas "pour ça", mais j'aime cette idée.

Y-a-t-il maillot de bain qui vous a marquée ?

Mon plus vieux maillot, je l'ai acheté avec ma première paye à 18 ans. C'est un maillot Eres et je l'ai toujours. Pour moi, un maillot de bain, on le jette une fois qu'il n'a plus d'élastique et encore…

Êtes-vous plus une ou deux pièces ?

Deux, parce que j'ai trop chaud en une pièce. C'est pour ça que le une pièce que j'ai imaginé pour la collection s'apparente à un body ; il peut se porter le soir, avec un long jupon. Je trouve ça dommage de ne pas bronzer du ventre. Cela dit, c'est drôle parce que tous les jours de mes vacances, je me mets en maillot de bain sous ma tenue, mais personne ne me vois en maillot de bain, je ne me mets pas en maillot. J'ai toujours un paréo, une robe, un machin. Je ne vais pas dans la mer, à la piscine il faut que je sois toute seule…

Est-ce que cette collaboration vous a donné envie de faire du swimwear ?

Non, c'est un autre métier, je n'ai pas la technique, les usines qui fabriquent, tout ce savoir-faire. Travailler avec des spécialistes comme Etam, c'est génial car tout est possible, et ce qui ne l'est pas, ils expliquent pourquoi.

Collection capsule French Riviera, de 18 à 49 euros, disponible dans une sélection de magasins Etam en mai.