Les tendances printemps-été 2017 au Who's Next par Martine Leherpeur

La mode ayant toujours une longueur d’avance, le salon du Who’s Next vient de dévoiler les tendances de la saison printemps-été 2017 à travers, entre autre, une conférence menée par le bureau Martine Leherpeur Conseil.

© Matthieu Lemaire-Courapied / Martine Leherpeur Conseil

La mode fait sa rentrée et, quelques jours avant le début des hostilités de la fashion week, le Wh'o's Next annonce la couleur. Le salon de mode référent français, qui se déroulait Porte de Versailles à Paris du 2 au 5 septembre, a présenté à la presse spécialisée, aux acheteurs et autres professionnels du milieu, les créateurs et marques d'aujourd'hui et de demain. Pour compléter les innombrables stands fashion, le Who's Next proposait également, comme à chaque édition, des conférences et un forum des tendances. Ce dernier, animé par le bureau Martine Leherpeur Conseil, a permis de faire le point sur les grandes tendances qui se profilent pour la saison printemps-été 2017. De quoi sera faite la mode de demain ? Sur quelles inspirations reposeront les créations et mouvements stylistiques de l'été prochain ? Influences ethniques, mode responsable et impulsion aiguë du "no gender" : trois pistes qui montrent clairement l'ouverture d'esprit d'une mode en plein renouveau et qui se veut porteuse de messages forts.

 

De nouveaux combos :

Alors que le travail de certains créateurs comme Manish Arora reposait déjà sur le mélange des influences tribales folkloriques et de la street culture, cette tendance semble clairement s'imposer pour la saison prochaine. La mode crée de nouveaux ponts culturels entre traditions et modernité. Symboles twistés, codes religieux détournés, jeux de volumes, coloris riches et vitaminés, brocart et autres broderies luxuriantes néo-baroques, motifs d'ornementation mais aussi éléments de la culture musicale electro... toutes les fusions sont permises dans cette mode ethnique, contemporaine et dynamique pour un look gypset façon liseuse de bonne aventure des temps modernes. 
Les nouveaux combos de 2017 véhiculent un message de tolérance clairement affiché et prônent un nouveau monde métissé sans frontière ni tabou.

La mode de 2017 se tourne vers les mélanges ethniques © Matthieu Lemaire-Courapied / Martine Leherpeur

Un nouveau monde :

Les friperies et autres braderies de vêtements "seconde main" ont la côte plus que jamais. La mode de 2017 va plus loin avec une volonté prononcée de retourner aux sources et revendique un rapport plus connecté à la nature et au respect de l'environnement. Et si des enseignes de fast fashion comme H&M s'y mettaient doucement déjà avec des capsules dites "conscious", l'an prochain c'est une grande partie des créateurs de la scène fashion qui tendra vers cette nouvelle manière de consommer, de concevoir, d'utiliser et surtout de réutiliser le vêtement. Outre l’obsession de traçabilité des pièces depuis leur fabrication, avec le slogan "who made my clothes", et le désire d'une véritable "fashion revolution" plus humainement et socialement responsable, on est plus que jamais dans une démarche de développement durable en cherchant à protéger autant que possible notre planète. Pour cela, on recycle, on fait du neuf avec du vieux, on customise des pièces pour en créer de nouvelles : c'est l'upcycling. 2017 verra donc se propager la création mode via, par exemple, le plastique récupéré au fond des océans et, de manière générale, le "retravail" de matériaux de récup' en tout genre qui ont également le mérite de donner du vécu au vêtement. Ce dernier se fait alors messager et affiche parfois littéralement sa revendication floquée à même des tops, pulls ou accessoires. Patchwork, ceintures en corde, utilisation de filets et autres matières brutes : les éléments du quotidien inspirent les créateurs qui les détournent pour remplir nos dressings avec morale et éthique. Le look "gitan-nomade" à le vent en poupe !

En 2017 la mode retourne aux sources © Matthieu Lemaire-Courapied / Martine Leherpeur

Un nouveau genre :

Le masculin, le féminin... deux concepts de plus en plus étrangers à l'univers de la mode qui cherche à brouiller les pistes et à créer un nouveau genre, voire même un "no gender". Le but ? Réinventer une nouvelle masculinité, une nouvelle féminité qui n'auraient, l'une comme l'autre, pas besoin de passer par le vêtement pour s'affirmer et utiliseraient donc des codes plus forts et plus intimes que la simple enveloppe vestimentaire. On joue sur l’ambiguïté : l'homme pique dans le vestiaire féminin et inversement. Par le simple biais d'une tendance mode, on redéfinit totalement l'identité avec audace et liberté. Les femmes se la jouent George Sand en costume et fringues dites "boyish" et les hommes portent du rose, des paillettes et des jupes sans égratigner pour autant leur virilité. La silhouette devient plurielle, androgyne, presque transgenre. Si une poignée de griffes, comme Gucci par Alessandro Michele, s'étaient déjà lancées dans l'aventure du nouveau genre en présentant des défilés mixtes où l'homme et la femme ne font stylistiquement plus qu'un sur le podium, 2017 verra se développer cette mutation qui devrait révolutionner autant les looks de la rue que le fonctionnement des fashion weeks, amenées petit à petit à fusionner pour bientôt voir disparaître les semaines de la mode masculines.

La mode de 2017 réinvente les genres © Matthieu Lemaire-Courapied / Martine Leherpeur