Collant chair, mise au clair sur le débat du bas

Champion des ventes d’un côté, fashion faux-pas de l’autre, le collant chair a du mal à trouver sa place. Pourquoi ce rejet et dans quelle mesure est-il autorisé ? La réponse à ce casse-tête cher à vos jambes.

© Robert Przybysz - 123RF

Un si grand débat autour d’un si maigre accessoire. Entre les pour et les contre, le collant chair fait polémique. Décrié par certains, pointé du doigt comme marque de mauvais goût, il est défendu par d’autres comme un élément pratique du dressing. Contrairement à son cousin noir ou opaque, qui peut se targuer de motifs et autres fantaisies, il a la vie dure et subit toutes sortes de reproches. Ostracisé pour ne pas dire éliminé, la gente mode ne le plébiscite qu’en cas d’extrême nécessité alors qu’il reste monnaie courante comme le prouve ses ventes. Lumière sur la chasse aux sorcières du collant chair.

Héritage d'une époque où il était obligatoire 

Kate Middleton en est la preuve vivante, les collants ont toujours été une question de protocole. Jeune aristocrate moderne et référence stylistique outre-Manche, la Duchesse de Cambridge a dû s’adapter à l’étiquette qui la somme de couvrir ses jambes en public. Ainsi, retour à la case collant chair pour Kate. De la même manière que, en temps de guerre, nos grand-mères avaient dû créer l’illusion de porter des bas en traçant une ligne le long de leurs jambes, la bienséance ancestrale agit en faveur du collant. Vous n’êtes pas la reine d’Angleterre ? En 2015, à part peut-être le froid, rien ne vous force à faire subir ce voile à vos gambettes.

Le syndrome patinage artistique

Mais pourquoi en veut-on autant à ce collant ? Sûrement parce qu’il ne tient pas ses promesses. Comme tout accessoire qui se veut invisible, sa grossière erreur est de ne pas l’être assez. Les bretelles de soutien-gorge en plastique, les sous-vêtements seconde peau, les " effets " ajourés sur les robes de soirées, la liste des vêtements qui créent soi-disant l’illusion et qui nous horripilent est longue. On ne nous la fait pas à nous, " invisible " c’est très différent de " discret ".  L’œil a du mal à se détacher de ces artifices mal ficelés qui recouvrent la peau là où ils avaient promis de la livrer nue. Vous ne voyez pas de quelle imposture il s’agit ? Jetez un œil à Beyoncé aux Grammy Awards 2014 et à à peu près toutes les patineuses artistiques.

Pas très chic, mais pratique

Si nous ne sommes pas prêtes à avaler toutes les salades que l’empire du vêtement nous propose, il reste une réalité qui joue en la faveur de notre collant. Nombreuses sont les occasions où il apparaît comme la solution la plus pratique. Un mariage en juin par 14 degrés, une soirée thème Sailor Moon, une compétition de patinage, le collant noir ou teinté se voit parfois détrôné. Certes, comme le clame à tue-tête Cristina Cordula, la madame mode de la télé aux goûts presque unanimes, " Le collant chair, c’est pas possible ma chérie ". Mais il existe certains cas de force majeur ainsi que certaines exceptions.

Non à la tyrannie

Restons réalistes, le collant chair a encore sa (petite) place dans nos placards. Son utilisation doit être cependant parcimonieuse et répondre à un certain nombre de règles. D’abord sur les circonstances où il est acceptable. On préfère le voir discret sous une jupe assez longue ou avec une tenue cérémoniale où il est incontournable. Ne songez même pas à le glisser dans des chaussures ouvertes, même si elles ne le sont qu'à l'arrière. C’est simple, toutes les fois où il est remplaçable par un voile légèrement teinté de noir, sautez sur l’occasion pour le mettre de côté. Sinon, ce sera jambes nues. Si votre jupe, escarpin ou short est estival mais que vous insistez pour le mettre en mars, souvenez-vous : la saisonnalité, c’est comme pour les fruits et légumes, il faut la respecter.

Le chair, oui, mais le bon

Il faut savoir choisir son modèle. Pour se faire, deux points sont à aborder. La texture dans un premier temps. Responsables pour beaucoup de la mauvaise réputation du collant transparent, le mousse et le brillant sont à proscrire coûte que coûte. Mat, le collant 15D Le Bourget vous dispensera de l'embaras des jambes glitter. Ensuite, la couleur. Comme pour un fond de teint, votre carnation doit être respectée à tout prix. Rien de pire qu’une paire de jambes porcelaine sur un buste hâlé et inversement. Dans cette démarche, Dim a fait un grand pas en ouvrant sa gamme best-seller Sublim aux peaux métisses et noires cette saison. Plus d’excuses, vous pouvez à présent trouver couleur à votre pied.