Les do's et don'ts de la doudoune

Dodue mais douillette, la doudoune est le nouveau dada à adopter. Comment accommoder ce par-dessus encombrant avec sa silhouette ?

© Imaxtree.com

Si elle était une lettre, elle serait sans hésiter un B : carrure vallonnée de bourrelets, et sonorité ronde, la doudoune revivent avec un paradoxe cette saison, emprisonné entre les termes "Balenciaga" et "Bibendum". Le premier est l'élément déclencheur. Cette pièce qui a défilé sur le podium de la maison historique de Cristóbal, le maître sculpteur de la couture, orchestrée pour la première fois par Demna Gvasalia, le trublion soviétique en vogue. De cette fusion naît une doudoune, évoquant les volumes renversés mythiques du couturier basque, comme le sens du has been branché du directeur artistique. Ni une, ni deux, la mode s'est emparé de ce par-dessus pour le propulser en une des numéros de septembre et en tête de gondole des rayons de prêt-à-porter. Mais en suite vient la réalité. Le second désigne la silhouette redoutée, celle du bonhomme Michelin, imposant, rassurant, mais vraiment pas chic. Si le vêtement revendique son côté cocon, l'allure monstrueuse et boursouflée est un frein certain à son succès. À nous à présent de ré-apprivoiser cet animal très mode et très encombrant. 

 

Doudoune en velours de Primark © Primark

Miser sur le bon matelassé

La doudoune n'est pas un si vieux souvenir mode. Il y a quelques saisons, elle réapparaissait sous les griffes Moncler, Pyrenex et paradait chez Bel Air dans une version bling, souvent couronnée de fourrure. Évolution oblige, en 2016, la descendance de ce manteau quelque peu clinquant n'a plus rien à voir avec son ancêtre de 2008. Pour être sûre de bien embrasser la tendance, la précision est de mise. Cet automne-hiver, le bourrelet est imposant, gras, s'assume en volume comme en connotation. On l'adopte donc avec des références sporty évidentes, de coupe xxl ou bien habillé précieusement et en décalage, de velours par exemple. En somme, les doudounes qui vous feront dire : "J'aime pas les doudounes, mais ça j'aime bien". 

 

Zapper le premier degré

Idéale pour les températures fraîches, la doudoune doit pourtant fuir le premier degré. Si son côté sportswear l'a transformé en it-pièce de la saison, c'est bien parce qu'il a été abordé sous un nouvel angle, celui du chic décalé. Elle se doit d'être accompagnée par des éléments élégants, qui affirment son identité mode et tourne le dos à son passé purement pratique. Une paire de talons, un pantalon carrément slim ou franchement large accentuerons ce parti-pris. 

Balenciaga automne-hiver 2016-2017 © Imaxtree.com

 

Se méfier du dodu

Sous ses airs de gentille grassouillette, la doudoune peut être une terrible vipère. Comme toute obsession mode, elle se doit d'être abordée avec raison pour ne pas tomber dans le ridicule. Si sa corpulence est glorifiée par les créateurs, elle peut s'avérer désavantageuse selon les silhouettes. Assez petite, plutôt forte en poitrine, dotée d'un mini cou, la gourmandise de l'hiver ne vous est pas interdite. Songez simplement à la porter ouverte pour conserver l'allure mais échapper au côté boudiné.