Une femme licenciée après l'annonce de sa grossesse

En Mayenne, une femme enceinte a été licenciée après avoir annoncé à ses employeurs qu'elle attendait un bébé. Mais la loi protège les futures mamans pour éviter ces abus. On fait le point.

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Les femmes enceintes sont protégées par la loi dans le cadre professionnel. En effet, un employeur ne peut licencier une future maman en raison de sa grossesse, ni refuser de l'embaucher lors de l'entretien. Et même si une femme enceinte venait à se faire licencier, sans que son supérieur n'ait été informé de sa grossesse, celle-ci pourrait faire annuler son renvoi en présentant un certificat médical sous quinze jours. Ainsi, dès lors que l'employeur est informé de l'état de grossesse de sa salariée, celui-ci ne peut se séparer d'elle jusqu'à 10 semaines après son retour de congé maternité. Ces conditions très cadrées ont été mises en place pour prévenir les abus en entreprise. Pour autant, cela n'empêche pas certains employeurs de passer outre. 

Claire, 39 ans, vient d'en faire l'expérience après avoir décroché un CDI en Mayenne, en tant qu'auxiliaire de vie auprès d'un couple de personnes handicapées. Jouant la carte de l'honnêteté, elle annonce à ses employeurs sa grossesse, une semaine avant la fin de sa période d'essai d'un mois. Plutôt que de la féliciter, ces derniers décident de mettre un terme à son contrat en lui faisant part des raisons de son licenciement à l'oral uniquement. "Ils m'ont dit qu'un bébé, ça tombait malade, qu'il fallait le faire garder. [...] Ensuite ils avaient peur que je sois arrêtée avant mon congé maternité, ils s'inquiétaient de devoir me trouver une remplaçante. [...] Ce qui m'a le plus choquée, c'est quand ils m'ont dit que si je perdais mon bébé, où si je décidais d'interrompre ma grossesse, ils me garderaient", dénonce Claire sur France Bleu. Rappelons que les femmes enceintes sont tenues d'informer leur patron de leur grossesse en leur présentant un certificat médical. Mais aucun délai ne leur est imposé. Claire n'ayant pas le courage de se lancer dans une longue procédure judiciaire contre ses employeurs, a saisi le Défenseur des Droits pour leur rappeler qu'il s'agit de discrimination et que cette pratique est illégale. 

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