Vous voilà grand-mère. Félicitations ! C'est une nouvelle étape de votre vie de femme que vous franchissez.
Partagez avec les lectrices du Journal des Femmes ce que vous ressentez et expliquez-nous en quoi ce nouveau rôle influe sur votre quotidien.
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Existe-t-il un instinct de grand-mère ?
Simone Collina
, Vandoeuvre Les Nancy
le 23 septembre 2009
Quand et comment avez-vous appris la nouvelle ?
Nous parlions souvent de bébés à venir avec ma fille. C'était tentant mais en regardant vivre le jeune couple, je les sentais heureux de vivre libres comme l'air. C'est alors qu'un jour gris de novembre 2008 le téléphone sonna et quelques minutes plus tard j'étais une grand-mère en proche devenir.Qu'avez-vous ressenti ?
J'avais entendu dire que j'allais ressentir aussitôt un bonheur intense. C'est un tout autre sentiment qui m'a submergée, une perte de confiance en moi. Allais-je être une grand-mère disponible, tolérante, ouverte et patiente pour ce bout de chou ? La venue d'un enfant allait mettre du désordre dans l'équilibre que j'avais construit petit à petit ces cinq dernières années après le départ de ma fille chérie qui avait laissé un énorme vide dans ma vie quotidienne. Je préparais la naissance avec un curieux sentiment de culpabilité de ne pas être au comble du bonheur !Qu'est-ce que ça a changé dans votre vie ?
La naissance eut lieu le jour de l'été, signe de joie. Là, deuxième choc, je n'ai rien ressenti de viscéral sinon de l'attendrissement devant un nouveau-né. La maman m'inquiétait plus que l'enfant, je me suis fait l'effet d'un monstre pendant un bon moment. Ma fille qui vit à une centaine de kilomètres de chez moi me téléphonait tous les jours pour avoir des conseils et me demandait comment je trouvais ma petite fille. C'était ma fille, en mère attentive et adorable qui emportait mes suffrages. Vint une nuit mémorable pour moi. La petite semblait très mal, elle hurlait depuis le matin, elle bougeait la tête dans tous les sens et ne voulait ni boire ni dormir. J'avais donné des conseils toute la journée mais rien n'y avait fait. Ma fille était en larmes, désorientée, épuisée. Le papa, fatigué ne semblait pas prendre tout à fait la mesure de la situation. Les cris de ma petite Zoé, elle s'appelle Zoé, me fendaient le cœur dans le téléphone. Le déclic s'est fait cette nuit-là, j'ai pris les chose en main, ai conseillé d'appeler le Samu pour un avis professionnel et je me suis autorisée à dire à mon gendre que leur fille n'avait qu'eux, ses parents, pour la soulager. Je n'avais pas l'habitude d'interférer dans leur vie de couple mais en imaginant le pire, j'ai réalisé que mon monde ne saurait tourner sans ma petite Zoé. Il m'avait fallu un peu de temps pour "l'adopter". Depuis, chaque fois que je la tiens dans mes bras je ressens un sentiment différent de celui de mère mais tout aussi fort. Le revers de la médaille est que je m'inquiète maintenant pour mes trois amours à chaque instant. Ma vie est totalement changée, il va de nouveau y avoir un peu de désordre dans mon emploi du temps mais c'est un bien charmant désordre ! Je suis son évolution avec gourmandise et émerveillement régulièrement par caméra interposée et j'attends toutes les retrouvailles avec impatience. Je souhaite à toutes les femmes de vivre cette jolie expérience qui s'apprend au jour le jour !
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Marilyne
Je me sens tout à fait solidaire de votre réaction. Devenir grand-mère ne m'a pas fait sauter au plafond, car j'ai pensé à l'arrêt probable de tout un tas de projets que j'aimais envisager pour ma fille et je me suis sentie un peu trahie... Tout ça pour ça.. ? Pour moi, c'était l'abandon de ses études dans l'immédiat et l'impossibilité de s'épanouir. Tout allait s'arrêter là, dans la banalité de la vie des femmes. Famille... Patrie ! Il a bien fallu que je comprenne que cet enfant était désiré et peu importe les sacrifices, pour une vie que je trouvais bien conventionnelle. Sans doute aussi un peu blessée que ma fille ne me suive pas sur ce chemin là. Culpabilisée aussi que tous se réjouissent autour de moi qui ne ressentais pas tout à fait ce grand bonheur "obligatoire". Petit à petit, j'ai fait le chemin à mon rythme. Très éprise de liberté individuelle, il m'était difficile de ne pas admettre le choix de ma fille et de son ami. J'ai donc admis que mes choix et les siens seraient différents. Ma fille est un être libre, capable d'assumer ses choix, même face à sa mère... C'est cette reconnaissance qui m'a aidé à trouver ma place à côté d'elle, et là, nous étions en phase. Aujourd'hui, j'attends l'arrivée de cette petite fille, comme la preuve que la vie continue après nous, consciente d'être l'un des éléments de cette poupée russe mais satisfaite d'une mission accomplie par un certain parcours de vie. Ma fille le poursuivra à sa guise avec l'aide de son compagnon, présent et attentif à elles deux, j'en suis sûre. Aujourd'hui, je me sens proche d'elle, extrêmement fière de la voir aussi solide et souple, aussi lucide et heureuse, courageuse, et si petite, parfois ! Elle reste toujours avide d'échanges et de conversations stimulantes. J'attends, quelques jours, encore pour faire connaissance avec cet enfant, "nouveau "petit personnage, qui inaugure, une nouvelle génération dans notre entourage.. Aujourd'hui, c'est une sensation de vrai bonheur, très intime et à présent, totalement partagé
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