Arrêtons de destructurer la politique
Pierre Chevalier
, Lechatelet
le 02 septembre 2009
Aujourd'hui, une mère peut bénéficier de 8 trimestres de bonus par enfant pour
sa retraite. Qu’en pensez-vous ?
C'est bien le minimum pour reconnaître qu'en participant activement à l'éducation de ses enfants, elle a contribué à la vie positive de la Nation : accompagner son enfant toute une vie pour qu'il devienne un citoyen heureux et civique, et un consommateur responsable n'est-ce pas un vrai projet méritant un minimum de reconnaissance retraite... D'ailleurs quand ce projet de vie et de travail est mené à bien (ce qui n'est pas simple), n'est-ce pas une vraie contribution à l'équilibre du pays tout entier.Les pères de famille devraient-ils bénéficier eux aussi de ce statut. Pourquoi ?
Oui pourquoi pas dans des cas très spécifiques type veuvage par exemple. Sinon la vraie parité est à faire au travail entre hommes et femmes, ne mélangeons pas tout le temps les genres et les sexes...Que proposeriez-vous pour réformer ce système sans peser sur le budget des
caisses de retraites ?
A vouloir réformer de politiques structurantes essentielles à long terme (comme cet exemple), on finit par tout mélanger entre besoins impérieux d'économie et politique visionnaire à long terme d'un pays. Il y a bien d'autres choses à réformer, à commencer par le déséquilibre public/privé, avant de s'attaquer au bonus des mères de familles dont un très grand nombre n'aura que cela par choix ou non (femmes d'agriculteurs, artisans commerçants, familles nombreuses, activité intermittente etc. ).
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Hermine
Ce qu'on ne dit pas assez c'est le coût social de la mère qui travaille tout en "élevant" ses enfants: - coût des crèches et autres structures d'accueil (jamais totalement financé par les parents, heureusement) -coût en mal-être pour les enfants séparés prématurément de leur mère (hurlements en crèche, mal-être scolaire, parfois redoublement ou autres manifestations). Combien d'informations qui ne sont pas communiquées, et qui même parfois ne sont tout simplement pas disponibles, ce qui évite de se poser des questions qui risqueraient de fâcher !
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Pascale Honorat
Nous sommes dans une société bien plus complexe et diversifiée que celle qui existait quand le système de l’attribution de trimestres supplémentaires aux femmes qui ont des enfants au cours de leur vie active. Aujourd’hui, une éventuelle réforme du système ne peut se limiter à enlever des trimestres à l’un pour donner à l’autre. Je m’explique. Nous ne sommes toujours pas, en matière de vie professionnelle, dans un système égalitaire. J’en veux pour preuve les statistiques sur les salaires des français publiées par l’Insee. Les textes réglementaires ont été récemment renforcés pour mieux sanctionner les différences de salaires entre H/F mais dans la réalité les preuves sont très difficiles à réunir du fait de l’omerta qui existe au sein des entreprises et des administrations sur ce sujet. Il est vrai que l’Union européenne pousse à la roue pour que l’égalité H/F devienne une réalité, mais l’égalité ne se décrète pas, elle ne s’impose pas et il y a un grand risque à vouloir réformer par petites touches sans repenser le système en profondeur.
D’un point de vue politique ce jugement qui concerne un salarié de la fonction publique est une aubaine pour remettre en chantier le dossier des retraites. Diviser pour régner, la martingale est bien connue, elle se décline: opposer les hommes aux femmes, les femmes ayant des enfants à celles qui n’en ont pas et le public au privé. Au passage, il serait intéressant de connaître le pourcentage d’hommes ayant pris un congé parental dans le secteur privé et de le comparer à celui de la fonction publique. Combien d’hommes aujourd’hui sont vraiment concernés par ce débat. A force de gérer les exceptions on en oublie l’essentiel : l’allongement de la durée des cotisations.
Chômage des plus de 45 ans Ce dernier point m’interpelle particulièrement. Appartenant au groupe de celles dont on ne parle généralement pas dans les médias: j’ai élevé trois enfants tout en continuant de travailler, j’ai cotisé et contribué à remplir les caisses. Cela me donne t-il un quelconque avantage ? Ayant le bonheur (certains diront la malchance) de travailler dans le secteur privé je suis à la cinquantaine en proie à une certaine inquiétude. En effet, passé 45 ans la probabilité de se retrouver au chômage, souvent durablement, est élevée, d’autant plus élevée que l’on est une femme. Finalement, bien qu’ayant connu le stress dû au cumul des deux activités, je n’ai donc pas plus de garantie que mes consœurs ayant arrêté de travailler, d’avoir cotisé suffisamment longtemps pour toucher une retraite à taux plein.
Dans le privé les différences de salaires sont plus prononcées que dans le public, des mesures fiscales en faveur des entreprises justifiant de la mise en place de dispositifs de surveillance de l’application de l’égalité de salaires H/F seraient les bienvenues pour inciter les entreprises à mieux appliquer la loi (système à la fois push and pull). Cela permettrait d’impulser un cercle vertueux qui aurait pour effet, d’augmenter le montant des cotisations retraite générées par les femmes toujours plus nombreuses à investir le monde du travail. Le choix de l’homme ou la femme au moment où se pose la question du congé parental pourrait alors s’effectuer sur d’autres bases que celle de l’argent
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Mère Durant
Sauf que ce n'est pas le pays qui paye, ce sont les vrais travailleurs et mères qui ont le courage de travailler en élevant leurs enfants ! Seul tout travail mérite salaire !
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