Remplacement des profs : quelles sont les mesures ?

Face à un nombre important de professeurs absents, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la mise en place de plusieurs mesures pour améliorer leur remplacement.

© Ilka Erika Szasz-Fabian - 123RF

Lorsqu'un professeur est absent, il n'est pas rare qu'il ne soit pas remplacé. Les écoliers sont alors généralement répartis dans les différentes classes de l'école. Selon la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), ce sont au total 6 000 jours de cours que les élèves du primaire et du secondaire ont raté l'an dernier. Pour améliorer le remplacement des professeurs absents, la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, vient d'annoncer plusieurs mesures.

Mieux informer les familles. Une information des parents d'élèves sur les absences et les remplacements sera mise en place courant 2017. Ils pourront ainsi connaître dans le respect des droits des personnels, les absences, leur durée prévisionnelle ainsi que les modalités de remplacement. En attendant sa mise en place, une expérimentation va être organisée cette année dans les départements de deux académies (Poitiers et Nancy-Metz). Une charte d'information va être ainsi définie en collaboration avec les fédérations de parents d'élèves et les représentants des personnels.

Des indicateurs nationaux sur le non-remplacement des enseignants absents pour les premier et second degrés publics seront par ailleurs publiés chaque année pour informer de manière transparente les familles. Durant l'année scolaire 2015-2016, ce sont en moyenne 1,6% de demi-journées de cours, soit 13 heures par élève et par an, qui n'ont pas été assurées dans le premier degré, précise le communiqué du ministère. Dans le second degré, ce sont 2,9% d'heures, soit 29 heures par élève et par an, qui n'ont pas été assurées en 2014-2015, dernière année pour laquelle les données sont disponibles.

Renforcer le potentiel de remplacement. Les viviers de remplaçants dans le premier degré ont été largement reconstitués ces dernières années. Ce sont en effet 3 522 emplois de remplaçants qui ont été créés dans le premier degré entre 2013 et 2016 alors qu'environ 1 500 postes de remplaçants avaient été supprimés entre 2008 et 2012. En 2017, 1 500 emplois supplémentaires seront créés selon les prévisions du ministère. C'est la "condition primordiale pour assurer le bon remplacement des enseignants absents", assure le ministère.

Déjà prévus par un décret de 2005, des protocoles de remplacement de courte durée seront réactivés dans le second degré car "tombés en désuétude dans de nombreux établissements". L'établissement est en charge de trouver une solution pour pallier l'absence d'un professeur lorsque celle-ci est inférieure ou égale à 15 jours. Au-delà, c'est l'académie qui prend le relais.

Améliorer l'efficacité du remplacement. Le ministère prévoit comme pour le second degré, un vivier unique de remplaçants par département dans le 1er degré dès la rentrée 2017. Cela permettra ainsi de limiter l'affectation de remplaçants successifs en cas de prolongement de l'absence.

Le ministère prévoit par ailleurs de mieux accompagner les enseignants qui ont des absences courtes, fréquentes qui s'enchaînent ou se multiplient, en envisageant avec eux des solutions. Enfin, il veut limiter l'impact des absences prévisibles sur le temps d'enseignement. Pour ce faire, les jurys et les préparations d'examen seront organisés de préférence le mercredi après-midi. La formation continue aura lieu quant à elle durant les petites vacances scolaires sur la base du volontariat. Dans ce cas, elle sera rémunérée.

© Ministère de l'Education

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