Comprendre et soigner la dépression post-natale Il n'y a pas de candidate type à la dépression post-natale

on peut tout à fait être une killeuse profesionnellement et se sentir
On peut tout à fait être une killeuse profesionnellement et se sentir complètement démunie devant son bébé. ©  Bruce Shippee - Fotolia.com

"J'ai eu mon premier enfant à 19 ans, alors que j'étais au chômage et que je vivais dans un appartement minable au 6e étage sans ascenseur et tout s'est merveilleusement passé. C'est à la naissance de mon troisième enfant, alors que j'étais dans la trentaine et que tout allait bien dans ma vie, que j'ai sombré dans une dépression post-natale", raconte Nadège Beauvois.

C'était il y a onze ans et cette mère de trois enfants, fondatrice du site et de l'association Maman blues, en parle encore avec beaucoup d'émotion dans la voix. Comme elle, la plupart des mamans victimes de dépression post-natale se retrouvent plongées dans un mal-être auquel elles ne s'attendaient absolument pas. Ce qui devait être la période la plus belle de la vie se transforme en cauchemar éveillé.

Plus courante qu'on ne croit

Rien ne permet de dire, au départ, si une mère est plus ou moins "à risque" de faire une dépression post-natale. On a bien identifié des conditions favorisantes, mais personne ne peut s'estimer invulnérable. "Cela touche souvent à des problèmes qui remontent à la toute petite enfance mais dont on n'a plus jamais eu conscience, explique Nadège Beauvois. Ce n'est pas parce qu'on est une battante dans son travail ou même dans la vie que l'on ne risque pas de sombrer dans cette dépression."

A vrai dire, la dépression post-natale est plus courante qu'on ne croit, sans être pour autant aussi banal que le baby-blues, qui touche la plupart des nouvelles mamans : "On estime généralement que ce type de dépression concerne environ une femme sur sept", indique Jacques Dayan. Nadège Beauvois préfère inclure cette dépression dans un concept beaucoup plus large, celui de l'effondrement maternel qui peut s'emparer des mamans à la naissance d'un enfant. Pour elle, "si on considère l'ensemble des coups de blues et problèmes liés à la maternité, je dirais que la moitié des femmes se sent, à un moment donné, en souffrance dans ce rôle d'une façon on d'une autre. Mais c'est culpabilisant de se sentir mal alors que l'on a tout pour être heureuse, donc beaucoup de femmes se taisent."

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