Comprendre et soigner la dépression post-natale Mélanie : "Je me suis sentie démunie et prise au piège"

J'ai énormément désiré avoir un enfant. Mon fils est né en novembre 2008 et avec mon conjoint, nous étions très heureux. Le retour à la maison s'est bien passé. Puis le baby blues est apparu (selon mon médecin) et j'ai arrêté d'allaiter car je ne supportais plus de nourrir mon enfant. Le médecin m'a prescrit un léger calmant.

"Je suis restée en psychiatrie pendant un mois, avec un traitement de choc"

Plus les jours s'écoulaient pire c'était : je ne supportais pas la présence de mon fils, je ne voulais pas m'en occuper et les phobies d'impulsion sont apparues (phobies de violences et d'inceste car j'ai été abusée étant jeune). A partir de là, tout a basculé : je me sentais mal, ne me nourrissais plus et j'ai même tenté de me suicider pour ne pas faire de mal à mon bébé.

Le 15 janvier 2009, j'ai été hospitalisée en psychiatrie : le psychiatre m'a annoncé que j'étais en dépression post-partum et par conséquent dangereuse pour mon bébé et moi-même.

Je suis restée en psychiatrie pendant un mois avec un traitement de choc (je le nomme "en mode zombie"). Ma famille et mon conjoint venaient me rendre visite seuls ou avec mon fils, selon mon état psychologique. J'ai été suivie pendant et après mon hospitalisation, avec ordre de prendre mon traitement. J'ai également fait des essais d'hypnose et vu une psychothérapeute.

Phobies réapparues

Mon conjoint a toujours été présent et a essayé de comprendre la situation. Il a pris le relais avec notre fils, ainsi que ma famille. Puis j'ai réappris à m'occuper de mon fils, repris mon activité professionnelle et la vie a repris son cours. 

En juillet 2009, mon conjoint a eu un grave accident de moto, ce qui a renforcé ma relation avec mon fils car je suis restée seule assez longtemps avant qu'il ne rentre de l'hôpital.

Tout se passait bien jusqu'à il y a 2 semaines, où les phobies sont réapparues, je suis donc en arrêt de travail et doit reprendre un traitement. La maternité est la plus belle chose qui me soit arrivée, j'aime plus que tout mon fils et j'aimerais avoir un autre enfant mais ne me sens pas capable de revivre cette épreuve qui m'a littéralement brisée. Je ne souhaite à personne cette épreuve car j'ai vraiment eu le sentiment d'être un monstre et folle par-dessus le marché. On se sent démunie et prise au piège par ses pensées et ses sentiments.

Sommaire