L'accouchement prématuré, qu'est-ce que c'est ?

Accouchement prématuré et MAP menace d'accouchement prématuré Alors que le cas d'un prématuré dont les parents réclament l'arrêt des soins fait débat, nous faisons le point sur les naissances prématurées. En France, il y' en a 6 % chaque année. Quelles en sont les causes et les conséquences ? Comment l'éviter ? Tout sur ce risque qui ne doit pas troubler votre sérénité.

En Charente-Maritime, un couple demande l'arrêt des soins de leur grand prématuré, né 4 mois à l'avance. Ils dénoncent un "acharnement thérapeutique" des médecins qui s'efforcent de le maintenir en vie, malgré de possibles séquelles. Si ce cas paraît assez extrême, il n'en reste pas moins que les accouchements prématurés représentent 6 % des naissances en France. Le point.

De multiples causes

A l'heure actuelle, toutes les causes de la naissance prématurée ne sont pas identifiées et, dans 30 % des cas, il n' y a pas d'explication. Toutefois, certains facteurs obstétricaux favorisants ont pu être mis en lumière comme les grossesses multiples, les anomalies du placenta, la rupture prématurée de la poche des eaux, les malformations utérines, les anomalies du col et le retard de croissance intra-utérin. On sait aussi que l'état de santé de la mère influe sur le risque de prématurité, par exemple en cas d'infections génito-urinaires, de maladies maternelles comme le diabète, la toxémie gravidique (complication rénale), la dysgravidie (convulsions et hypertension artérielle). L'âge de la mère est également à prendre en considération, surtout si elle a moins de 18 ans ou plus de 35 ans, ainsi que le nombre de grossesses qu'elle a eu. Il en est de même de l'état de santé du foetus. Les infections foetales et les malformations chromosomiques peuvent jouer un rôle dans l'arrivée prématurée du bébé. Des facteurs dits "exceptionnels" entraînent parfois des accouchements prématurés, c'est le cas des traumatismes (accidents de voiture) ou des interventions chirurgicales (par exemple appendicite).

La menace d'accouchement prématuré (MAP)

Cette menace, considérée comme une complication de la grossesse, existe lorsque les symptômes suivants apparaissent avant le début du 9ème mois :

- des contractions fréquentes (plus de dix par jour) et douloureuses
- une pression, une douleur continue ou intermittente dans le bas du ventre
- des saignements ou un écoulement vaginal
- des douleurs lombaires
- des oedèmes (gonflements) aux mains, jambes ou sur le visage
- des maux de tête, vertiges et palpitations.

Si la menace est réelle et sérieuse, votre médecin vous administrera des corticoïdes pour stimuler le développement du foetus et un traitement pour arrêter les contractions. Vous devrez impérativement vous reposer et rester au lit. Une analyse d'urines et un prélèvement vaginal pourront être demandés par votre médecin pour dépister d'éventuelles infections. Si le risque d'accouchement prématuré est important, une hospitalisation sera nécessaire. Dans certains cas, une intervention chirurgicale comme le cerclage du col (lorsque celui-ci est béant) peut prévenir l'accouchement prématuré. Cette opération, pratiquée entre deux mois et demi et trois mois, ferme l'ouverture du col. Le gynécologue retire le fil quelques jours avant le terme.

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Comprendre l'accouchement prématuré ©  philipus - Fotolia.com
Des risques pour l'enfant

Il existe quatre "catégories" de bébés prématurés :

- entre la 35ème et la 37ème semaine, il est fragile mais peu exposé (prématurité moyenne)
- le grand prématuré, né entre la 32ème semaine et la 35ème, a besoin de soins particuliers en néonatalogie
- le très grand prématuré né avant 28 semaines, et est transféré en réanimation néonatalogie
- le "prématurissime", dont la naissance a lieu entre la 23ème et la 24ème semaine.

Le bébé prématuré est fragile, il n'a pas un poids et une taille normaux. Il a la peau fine, rouge et ses veines se voient bien. Ses ongles sont peu développés et il n'a que quelques cheveux. Son organisme n'a pas atteint un degré de développement suffisant, en particulier ses poumons, son appareil digestif et son système immunitaire. Il y a trois risques majeurs suivant les premiers jours après l'accouchement : les problèmes respiratoires, l'hémorragie intracrânienne et les infections. Mais le nouveau-né est placé en couveuse et l'équipe médicale veille à sa bonne santé et à d'éventuelles complications. Au bout d'une semaine, les risques s'amenuisent mais les médecins restent très vigilants et les conditions d'hygiène sont optimales. Le contact entre l'enfant et ses parents doit être maintenu au maximum. C'est important pour l'équilibre affectif de chacun. D'autant que la culpabilité envahit souvent les mamans confrontées à cette situation. Il faut savoir qu'un enfant né vers la 35ème semaine a 99 % de chances de survie. Même si la prématurité est la cause de 50 % des handicaps à long terme (essentiellement psychomoteurs et de langage), de nombreux bébés rattrapent leur retard et progressent ensuite normalement.

La conduite à adopter

Sachez que vous pouvez réduire les risques de prématurité en agissant sur les facteurs environnementaux. A savoir : bannir la consommation d'alcool, le tabagisme, les drogues ; éviter le stress, les sports violents, les déplacements fréquents ; avoir une alimentation saine et équilibrée et dormir suffisamment. Votre but est de sauvegarder la grossesse jusqu'au terme. Ne négligez pas non plus votre suivi médical, très important pour prévenir les risques et agir en cas de problème.
Il existe enfin des associations, telle que SOS Prema, à l'origine de la Journée mondiale de la prématurité, à l'écoute des parents (contacter l'association par téléphone : 0811 886 888).

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