Grossesse : les Françaises consomment trop de médicaments !

Selon une récente étude de l'Inserm, les femmes françaises enceintes se placent parmi les plus grandes consommatrices de médicaments dans le monde, alors que leur prise est très souvent déconseillée pendant la grossesse.

Grossesse : les Françaises consomment trop de médicaments !
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En moyenne, les Françaises se voient prescrire près d'une dizaine de médicaments pendant leur grossesse. Ce chiffre, bien plus élevé en France que dans les autres pays, a été révélé dans un rapport mené par des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Dans le détail, il apparaît que, parmi les 28 500 femmes étudiées entre 2011 et 2014, 97 % des femmes enceintes françaises ont pu se faire prescrire un médicament par leur médecin, contre un peu moins de 50 % dans les pays du Nord de l'Europe. Si le nombre moyen de médicaments prescrits chez une femme enceinte est l'un des plus élevés en France, il est de 8 aux Pays-Bas, varie de 2 à 7 en Allemagne et tourne aux alentours de 3 aux États-Unis ainsi que dans les pays scandinaves. Pour le directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), Dominique Martin, cette consommation "serait intimement liée au niveau culturel de la femme : plus ce dernier est élevé, moins elle prend de médicaments", d'ailleurs, "on retrouve le gradient socio-culturel dans l'impact des mesures de santé publique", précise-t-il à Libération, dans un article du 23 octobre 2017. Autre préoccupation : la prescription de vitamines B9 et D, pourtant "largement recommandées pendant la grossesse n'a grimpé que de 10 % en trois ans", signale l'Inserm. Et plus inquiétant encore, "le pourcentage des femmes vaccinées contre la grippe n'a, quant à lui, augmenté que de 1 %".

Minimiser la consommation de médicaments. Les résultats mis en évidence par l'Inserm ont alerté l'Agence du médicament (ANSM) qui rappelle d'ailleurs sur son site que la prise de médicaments pendant la grossesse, y compris ceux vendus sans ordonnance, "est fortement déconseillé, car certains ont encore des effets mal-connus sur le fœtus (risques de malformation, atteinte de la croissance, troubles cognitifs, etc)". En France, "nous avons une prescription importante et persistante dans le temps", confie le directeur de l'ANSM, à Libération, avant d'ajouter que ce taux est "considérable" et qu'il y a "une urgence à faire baisser ce chiffre-là".

Une meilleure visibilité de l'information. A noter que depuis le 17 octobre 2017, des pictogrammes "danger" ou "interdit" sont imprimés sur les boîtes de médicaments qui présentent des risques pour les femmes enceintes. Ces avertissements avaient déjà été apposés sur les emballages contenant du valproate et des produits dérivés, depuis mars dernier. 

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