Vers de meilleures conditions de travail pour les femmes enceintes ?

Dans un rapport, l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) livre ses recommandations pour permettre aux futures mamans de mieux vivre leur grossesse au travail, notamment dans la grande distribution.

Vers de meilleures conditions de travail pour les femmes enceintes ?
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Suite à plusieurs cas de fausses couches survenues en début d'année dans des magasins de grande distribution (Auchan City à Tourcoing ou O'Marché Frais à la Courneuve), l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) avait été missionnée en mars 2017. Les agences régionales des Hauts-de-France et de Nouvelle-Aquitaine ont ainsi mené l'enquête auprès de 37 salariés et managers répartis dans 13 magasins de la grande distribution. Selon leur rapport publié le 12 juillet, "le port cumulé de charges, les déplacements au sein du magasin" ou encore "la station debout ou assise prolongée" font partie des principales contraintes des salariées enceintes, dont certaines déplorent devoir "toujours demander de l'aide sans qu'elle leur soit proposée spontanément".

Un manque d'information et des conditions de travail inadaptées. Selon l'Anact, l'impact du travail sur la grossesse, les précautions à prendre pour les futures mamans ainsi que leurs droits sont souvent méconnus. Par exemple, "la visite auprès du médecin du travail est loin dʼêtre systématique", précise le rapport. Pourtant, cela leur permettrait d'obtenir un changement temporaire de poste en cas de besoin, ou tout simplement des mesures d'aménagement de leurs conditions de travail (retirer certaines tâches, assouplir les horaires et la fréquence des pauses, etc). Et lorsque les conditions ne sont pas réunies, les futures mamans sont contraintes de quitter précocement leur travail, en demandant à leur gynécologue ou médecin traitant un arrêt maladie. Parmi les 37 salariées interrogées, plus de la moitié se sont arrêtées avant le cinquième mois de grossesse et seulement 10% ont continué à travailler jusqu'à leur congé maternité. Pour l'Anact, "le retrait anticipé du travail n'est pas tant lié à une pathologie qu'à des conditions de travail insuffisamment adaptées". Pour autant, certaines enseignes montrent le bon exemple, précise le rapport, notamment avec la diffusion d'un guide de la parentalité aux managers ou la création de "modules gestes et postures" destinés aux futures mamans.

Des recommandations pour mieux concilier travail et grossesse. De manière générale, l'Anact préconise le lancement d'un "programme national de recherche sur l'impact du travail sur le déroulement de la grossesse"  afin de mieux identifier les risques professionnels pour les femmes enceintes. Il est également essentiel de renforcer les connaissances des professionnels de santé, de coordonner davantage la médecine du travail avec les salariés et de valoriser les bonnes pratiques des entreprises. L'objectif est d'assurer ainsi le "maintien au travail, si possible jusqu'au début du congé maternité", en mettant en place "toutes les possibilités d'aménagement ou de changement de poste".

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