Grossesse : le valproate contre-indiqué en cas de troubles bipolaires

En raison des risques de malformations et de retards de développement, un pictogramme figurera désormais sur toutes les boîtes de médicaments contenant du valproate.

Grossesse : le valproate contre-indiqué en cas de troubles bipolaires
© Racorn - 123RF

En mars dernier, le valproate de sodium faisait déjà l'objet de contre-indications auprès des femmes enceintes épileptiques. L'Agence du médicament (ANSM) annonce dans un communiqué de presse, que les produits à base de valproate (Dépakote et Dépamide) sont désormais déconseillés aux patientes présentant des troubles bipolaires. Outre leur interdiction aux femmes bipolaires pendant la grossesse, ils sont également contre-indiqués chez les patientes en âge de procréer et n'ayant pas une contraception efficace.

Les boîtes des médicaments concernés devront mentionner un pictogramme rappelant la contre-indication aux femmes enceintes. Cette mesure, qui s'inscrit dans le programme européen de réduction du risque relatif au valproate, sera effective à partir du 7 juillet 2017. Cette même réglementation, actuellement en pour-parler, pourrait s'étendre à l'échelle européenne.

C'est suite à une étude sur les effets du valproate et de ses dérivés sur les femmes enceintes, menée conjointement avec la Cnamts (Caisse Nationale de l'Assurance Maladie), et après concertation avec des psychiatres que, l'ANSM a pu confirmer les risques élevés qu'engendrait la prise de cette molécule chez les femmes bipolaires. L'occasion pour l'Agence de rappeler que d'autres méthodes thérapeutiques (médicamenteuses ou non) peuvent être des alternatives dans la prise en charge des troubles bipolaires.

Une information renforcée pour réduire l'utilisation de cette molécule en cas de grossesse. Le pictogramme "contre-indiqué aux femmes enceintes" (un rond rouge barré sur une silhouette de femme enceinte), apposé sur les boîtes de Dépakote ou de Dépamide, permet ainsi d'éviter les risques de malformations du fœtus au cours de la grossesse. En effet, "les enfants exposés in utero au valproate présentent dans 30 à 40% des cas un risque de troubles graves du développement ou du comportement et/ou, dans plus de 10% des cas, un risque de malformations congénitales", rappelle l'ANSM.

Enfin, les professionnels de santé ont été informés : ces médicaments pourront être prescrits seulement aux femmes bipolaires ayant recours à une contraception efficace. Les femmes déjà enceintes doivent consulter en urgence leur médecin afin d'interrompre le traitement et le remplacer par un autre médicament. 

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