Grossesse : le recours à la FIV n'est pas toujours justifié

Des chercheurs dénoncent la hausse du nombre de FIV en Europe alors qu'aucune baisse de la fertilité n'a été enregistrée.

Grossesse : le recours à la FIV n'est pas toujours justifié
© Katarzyna Białasiewicz - 123RF

Plusieurs experts dénoncent une trop grande utilisation de la fécondation in vitro (FIV) en Europe dans un éditorial publié dans l'European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology. Après avoir étudié plusieurs travaux ayant évalué l'infertilité de populations au cours d'au moins trois périodes différentes depuis 1950, ils ont estimé que près de 900 000 enfants issus de FIV sont nés en Europe entre 1997 et 2011. Ce chiffre pourrait d'ailleurs avoir dépassé les 1,4 million aujourd'hui, rapportent les scientifiques du centre médical universitaire Erasmus à Rotterdam. Pourtant, aucune baisse de la fertilité de la population n'a été enregistrée. Rien ne justifie donc la recrudescence de cette pratique, estiment les auteurs.

Un intérêt commercial. Le recul de l'âge maternel explique en partie la hausse du recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Ces chiffres indiquent en effet que les femmes deviennent mères de plus en plus tard. Beaucoup de couples veulent ainsi que la grossesse arrive rapidement avant que l'âge de la mère ne soit un obstacle. Mais l'âge n'est pas la seule raison. Les chercheurs considèrent en effet que la modification par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2008 de la définition de l'infertilité est aussi responsable. Dorénavant, le diagnostic peut être posé au bout d'un an de tentatives infructueuses au lieu de deux ans précédemment. Pourtant, "environ la moitié des couples en échec de conception au bout d'un an y arriveront au cours de la 2e année […]. Cela justifie la prise en charge attentiste de l'infertilité (plus ou moins) inexpliquée", précisent-ils, selon Le Point. Mais les scientifiques pointent également du doigt l'intérêt commercial et financier que peut représenter la peur des Européens de ne pas pouvoir être parents ou leur envie de retarder l'arrivée d'un bébé. Selon l'AFP, ils estiment ainsi que "comme il est d'usage dans les affaires, l'offre et la promotion créent la demande, qui à son tour génère plus d'offre. Ce processus de commercialisation a probablement beaucoup contribué à la tendance à l'augmentation de recours à la FIV".

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