Un couple autorisé à conserver le sang du cordon ombilical de son bébé

Le tribunal de Grasse vient d'autoriser des parents à conserver le sang du cordon ombilical de leur futur enfant, au cas où celui-ci développerait une maladie grave. Une première en France.

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C'est la première fois que la loi française l'autorise. Une femme enceinte vient d'obtenir le droit de conserver et de faire congeler le cordon ombilical de son enfant dont la naissance est prévue le 18 décembre prochain.

Dans une requête adressée le 14 octobre au tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes), les parents ont expliqué avoir dans leurs familles respectives des antécédents médicaux, notamment des cas de cancers du pancréas et du foie. Ils ont alors demandé de pouvoir congeler le cordon de leur futur bébé. Dans l'ordonnance judiciaire datée du 21 novembre, la vice-présidente du tribunal de Grasse affirme que "les parents peuvent conserver les cellules du sang du cordon et du placenta au regard des nécessités thérapeutiques dûment justifiées". Riche en cellules souches, le sang du cordon ombilical permet en effet de soigner certaines maladies. Celui-ci pourrait ainsi être éventuellement utilisé si l'enfant venait à développer une maladie grave. Le sang du cordon et du placenta sera prélevé à la naissance du bébé et envoyé à une banque de conservation anglaise qui le congèlera et le stockera durant 25 ans maximum.

Un vide juridique. En France, la loi ne dit pas à qui appartient le cordon ombilical. Il est ainsi possible de faire un don de sang de cordon, mais la conservation à des fins privées est interdite. En effet, "les cellules hématopoïétiques (ou cellules souches, ndlr) du cordon peuvent être prélevées dans un cercle familial, si un frère ou une sœur souffre par exemple d'une leucémie, mais jamais pour soi-même", a rappelé le responsable des greffes au CHU de Lille, le professeur Ibrahim Yakoub-Agha, au Parisien. "Le cordon est à nous, je ne vole rien, c'est quand même nos cellules", a assuré la future maman à RTL. Mais le milieu médical est sceptique. Le Pr Yakoub-Agha estime par exemple que "si cette décision fait jurisprudence, cela pourrait devenir inquiétant. On verra se développer des démarches plus commerciales que médicales".

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