La PMA ouverte aux couples homosexuels à l'étranger

Laurence Rossignol a confirmé la possibilité pour les couples lesbiens d'avoir recours à la PMA, en abrogeant une circulaire qui punit depuis 2013 les gynécologues orientant leurs patientes à l'étranger.

© subbotina

[Mise à jour du 8/07/2016]. Depuis 2013, une circulaire punit les gynécologues de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende s'ils conseillent à leurs patientes de se rendre à l'étranger pour avoir accès la procréation médicalement assistée (PMA). Cette technique jusqu'à présent réservée en France aux couples hétérosexuels qui rencontrent des problèmes de fertilité, pourrait prochainement être possible pour toutes les femmes, mais dans un autre pays. François Hollande s'était en effet engagé lors de sa campagne à donner accès à la PMA aux femmes lesbiennes et a réitéré sa promesse jeudi dernier auprès de trois associations LGBT (SOS Homophobie, l'Inter-LGBT, et le Centre LGBT Ile-de-France). 

Ce lundi, la ministre de la famille Laurence Rossignol a confirmé que la circulaire serait prochainement abrogée. "C'est une proposition qui est juste parce qu'il n'y a aucune raison de compliquer la vie des couples lesbiens", a-t-elle déclaré sur Public Sénat. "Il n'y a aucune raison de discriminer les couples homosexuels (…) en leur refusant l'accès à une technologie qui est ouverte aux couples hétérosexuels", a ajouté la ministre. Pour Virginie Combe, vice-présidente de SOS Homophobie, la circulaire "rendait certains gynécologues réticents à assurer le suivi de femmes ayant eu recours à la PMA à l'étranger, ce qui pouvait les mettre en danger. L'abroger permettra au moins de lever cette menace". Dans un courrier adressé au Président de l'Ordre des Médecins, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a rappeler que les médecins ne pouvaient faire obstacle à la prise en charge des femmes ayant eu recours à une PMA dans un pays étranger. "Toutes les femmes enceintes, quel que soit le mode de conception auquel elles ont eu recours, ont dans notre pays le même droit : celui de bénéficier d'un suivi médical de qualité, partout sur notre territoire", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Rappelons que l'an dernier, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes avait réclamé au gouvernement d'étendre la procréation médicalement assistée "à toutes les femmes sans discrimination", à savoir les homosexuelles mais aussi les femmes célibataires.

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