Le combat d'une femme espagnole pour récupérer le sperme de son mari décédé

Mariana Gonzalez-Gomez souhaite un enfant de son mari, décédé il y a un an à Paris. Elle réclame le transfert de son sperme congelé vers l'Espagne, où l'insémination post-mortem est autorisée. Le Conseil d'Etat vient d'autoriser sa demande.

© alexmit

[Mise à jour du 31/05/2016]. Nicola Turri est décédé à Paris en juillet 2015, à l'âge de 30 ans des suites d'un cancer. En 2013, alors qu'il devait débuter un traitement risquant de le rendre stérile, il avait décidé de faire congeler son sperme. Mais la gravité de sa maladie (il se fait diagnostiquer une leucémie en 2015) ne lui permet pas de concrétiser ses projets parentaux avec son épouse, Mariana Gonzalez-Gomez. Selon son conseiller Me David Simhon, son mari décède "une heure avant le rendez-vous chez le notaire pour donner son consentement à la PMA (Procréation médicalement assistée) de son vivant". Son sperme est alors conservé à Paris, où il est décédé. Depuis un an, sa femme réclame son transfert en Espagne, où - contrairement à la France - l'insémination post-mortem est autorisée dans un délai d'un an après le décès. Pour cette femme, qui se bat pour ce projet d'enfant et son droit de décider elle-même de sa vie, il s'agit donc d'une course contre la montre puisque le 10 juillet prochain, il sera trop tard. "Le plus important est qu'on respecte notre volonté, qu'on me respecte moi ; ma liberté en tant femme de vouloir un enfant toute seule et surtout que je puisse décider moi-même de mon futur", a-t-elle déclaré sur France 2. Après un refus du tribunal administratif, Mariana Gonzalez-Gomez a saisit le Conseil d'Etat, son dernier recours avant la Cour européenne des Droits de l'Homme. 

Le Conseil d'Etat autorise le transfert en Espagne. C'est une victoire pour Mariana Gonzalez-Gomez. Vendredi dernier, Aurélie Bretonneau, rapporteur du conseil d'État, s'est déclarée favorable à la demande de transfert du sperme de son défunt mari, de la France vers l'Espagne, en vue d'une insémination post-mortem. Ce mardi, le Conseil d'Etat vient d'autoriser sa demande et ordonne de prendre "toutes les mesures nécessaires pour permettre l'exportation des gamètes vers l'Espagne". Selon les avocats de la jeune veuve, le refus qu'elle avait rencontré était contraire au respect du droit à la vie privée et familiale de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. "Nous sommes extrêmement satisfaits de cette décision. Nous souhaitons le transfert des gamètes dans les plus brefs délais, dans les meilleures conditions possibles", a déclaré David Simhon, l'un des avocats de Mariana Gonzalez-Gomez.

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