Accouchement sans péridurale : comment se préparer ?

Gérer la douleur avant et pendant l’accouchement, ça s’apprend, surtout lorsque l’on a choisi d’accoucher sans péridurale. Interview de Corinne Adler, sage-femme.

© Subbotina Anna

Si la majorité des femmes qui souhaitent accoucher sans péridurale changent d’avis au dernier moment, vous, vous êtes bien décidée à accoucher sans. Car oui, vous êtes sûre de tenir bon. Il est toutefois essentiel de bien se préparer à gérer la douleur. Sans une préparation adéquate, ce ne sera en effet pas facile de tenir bon. Il faut notamment penser à se documenter et à se protéger de l’entourage toxique qui ne va pas se priver d’émettre des critiques... Interview de Corinne Adler, sage-femme à la maternité des Bluets à Paris et en libéral.

Quelles sont les motivations des femmes qui souhaitent accoucher sans péridurale ?

Corinne Adler : Il existe plusieurs cas. Les femmes peuvent décider d’accoucher sans péridurale car elles souhaitent davantage de liberté de mouvement, notamment si elles souhaitent être dans l’eau pendant le travail, voire l’accouchement… D’autres vont avoir envie de tout sentir : les contractions, la descente et la sortie du bébé. Ainsi, elles veulent gérer elles-mêmes la douleur des contractions. Certaines femmes souhaitent quant à elles avoir l’accouchement le plus naturel possible sans technicisation car elles préfèrent éviter toute injection de médicaments dans leur corps. L’accouchement sans péridurale concerne aussi les femmes qui veulent accoucher à domicile ou en maison de naissance. Dans ce cas, la sage-femme travaille en partenariat avec une maternité dans laquelle la future maman et son bébé pourront être transférés en cas de complication.

Quels conseils donnez-vous aux futures mamans pour gérer la douleur ?

Les futures mamans doivent être attentives à leur respiration. Si elles respirent de la bonne manière, elles réussiront à relâcher leur corps. Le réflexe humain est de se crisper en cas de douleur mais cela ne fait que l’amplifier. Pour parvenir à se détendre, il faut donc que les femmes enceintes soient très concentrées et qu’elles s’entraînent à respirer et à relâcher leur corps, et ce quelques semaines voire quelques mois avant l’accouchement. Pour cela, les cours de préparation à l’accouchement au cours desquels les sages-femmes apprennent aux futures mères à bien respirer sont essentiels. Lors de ces cours, différentes positions sont également montrées aux femmes enceintes. Elles peuvent ainsi choisir celle qu’elles préfèrent adopter en fonction de l’évolution du travail. Je conseille également aux femmes enceintes de se faire masser le dos, d’utiliser des sources de chaleur (bain, bouillotte), de faire des étirements et d'utiliser les vibrations sonores de la voix. Elles peuvent aussi faire de la sophrologie pour le relâchement, mais aussi du yoga, de l’haptonomie ou encore de l’acupuncture. Ce sont des techniques supplémentaires aux cours qui peuvent être particulièrement utiles au moment de l’accouchement.

Comment abordez-vous les imprévus (césarienne, complications…) lors des cours ?

C’est important de dire aux futures mamans que la vie est faite d’imprévus, que l’on ne sait pas quel jour l’on va accoucher ni comment se passera l’accouchement. Il faut leur expliquer la raison et le déroulement d’une césarienne mais aussi pourquoi des instruments comme les ventouses ou les forceps, peuvent être parfois utiles pour le bébé et/ou la maman. Il est en effet essentiel qu’elles sachent qu’une césarienne ou des instruments ne sont jamais pratiqués sans raison médicale. Dans tous les cas, il faut les rassurer sur le fait que c'est toujours leur accouchement même si ce n’est pas leur projet de départ.

Quel rôle joue le partenaire dans la gestion de la douleur ?

C’est en fait préférable que le partenaire puisse assister aux cours avec la future maman. Il doit lui aussi réussir à bien respirer, se relâcher, se détendre, etc., afin de transmettre sa sérénité à sa compagne. Il pourra par ailleurs lui faire des massages, lui tenir la bouillotte, lui donner des conseils de position, être à l’origine d’initiatives… Ensuite, même si cela n’est pas toujours possible, c’est mieux que le partenaire soit là au moment de l’accouchement, à côté de sa compagne. Il pourra ainsi l’encourager si elle le souhaite, lui tenir la tête, lui permettre de s’étirer par exemple. En plus d’être flexible et adaptable à la maman, le partenaire doit lui servir de soutien moral et physique.

Lire aussi