Grand-mère : comment trouver sa place ?

Si devenir maman est une étape importante dans la vie d’une femme, c’est aussi le cas lorsque l’on devient grand-mère. Mais il n’est pas toujours facile de trouver sa place. Conseils de Sonia Prades, psychologue.

© Cathy Yeulet

L'arrivée d'un bébé implique de grands changements pour les parents évidemment, mais aussi pour les grands-parents. De nouvelles fonctions apparaissent au sein de la famille. Celle qui devient maman pour la première fois, va en fait prendre symboliquement la place de sa propre mère. Et pour se faire, "elle va s'appuyer sur ce que celle-ci lui a transmis. La grand-mère va quant à elle occuper une nouvelle place. Et trouver une autre façon de réinvestir la relation avec sa fille", explique Sonia Prades, psychologue. Si cette première naissance est un grand moment pour la maman, elle l'est donc aussi pour la nouvelle grand-mère.

Une nouvelle étape. Devenir grand-mère est parfois un cap douloureux pour certaines femmes. Voir son enfant devenir parent peut en effet être déstabilisant, mais pas seulement. Cette nouvelle fonction renvoie en effet indéniablement à son propre vieillissement. La grand-mère se rend alors compte qu'elle passe à un autre stade de la vie. Ainsi, "de nombreuses femmes refusent d'être appelées Mamie, qui est synonyme pour elles de vieille dame. Elles ont peur de la vieillesse, de mourir. Certaines grands-mères vont alors inventer des surnoms tels que Mamou. D'autres vont demander à être appelées par leur prénom. Tant qu'il y a de l'affection envers l'enfant, cela ne pose pas de problème. En revanche, si la fonction n'est pas assumée, l'enfant le ressent", assure la psychologue.

Un travail d'équilibriste. Les grands-mères d'aujourd'hui ont plus de poids qu'avant. Il faut dire que ce ne sont pas les mêmes qu'il y a 60 ans. Ce sont des femmes qui travaillent, font de multiples activités, voyagent, etc., parfois même avec leurs petits-enfants. Si la grand-mère permet à sa fille de s'appuyer sur son expérience, elle est aussi un socle important pour ses petits-enfants, notamment dans les moments difficiles de séparation. "C'est à elle qu'appartient la tâche de faire en sorte que le lien familial ne soit pas rompu", explique la psychologue. En tant que grand-mère, il faut cependant faire attention à ne pas prendre trop de place. "C'est essentiel d'être présente et de jouer un rôle de soutien sans être envahissante. Durant les premiers mois suivant la naissance, trouver la juste place peut toutefois être difficile car c'est une nouvelle fonction pour la mère, mais aussi pour la fille. Il y a donc nécessairement un temps de réajustement jusqu'à ce qu'un certain équilibre soit trouvé. C'est un véritable travail d'équilibriste." Et pour s'impliquer sans être trop présente, la psychologue conseille de s'appuyer sur les demandes des nouveaux parents, d'être à leur écoute et de faire des propositions.

Mais ce n'est pas toujours la grand-mère qui cherche à (trop) s'imposer. En effet, l'enfant peut parfois être très en demande, avoir des difficultés à se débrouiller seul… Dans ce cas, "le fait que les grands-parents affirment de temps en temps ne pas être disponibles permet à leur enfant de se rendre compte qu'il doit se débrouiller sans eux !"

La psychologue Sonia Prades est l'auteure de "Telle mère, quelle fille ?" aux Editions Leduc s.

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