Femme et mère : trouver le juste équilibre

Après la naissance de leur enfant, certaines femmes surinvestissent tellement la maternité qu’elles délaissent les autres domaines de leur existence. Un déséquilibre des rôles qui peut fragiliser leur relation de couple et leur vie professionnelle.

On ne naît pas mère, on le devient. La célèbre maxime de Simone de Beauvoir pourrait s’appliquer autant à la maternité qu’à la féminité. En effet, construire son rôle de mère tout en restant femme à part entière ne va pas de soi. L’histoire personnelle de chaque femme, l’éducation et l’environnement influencent souvent de manière inconsciente comment sera vécue la maternité. Ainsi, si certaines femmes se sentent plus femmes que mères, d’autres consacreront toute leur énergie à leur enfant, délaissant leur conjoint, leurs amis, leur vie sociale et professionnelle. Pour construire cet équilibre, les femmes doivent s’interroger sur leurs priorités et sur les choix de vie qu’elles souhaitent privilégier.

Surinvestissement maternel : couple en danger

Même s’il se met en place souvent de manière insidieuse et la plupart du temps inconsciente, le surinvestissement maternel s’avère néfaste pour l’harmonie du couple. Se sentant délaissé et exclu de la relation fusionnelle que sa compagne établit avec l’enfant, l’homme peut rapidement éprouver de la colère, de la frustration, voire de la jalousie envers ce bébé qui reçoit tant d’attention. Dans certains cas, l’homme peut même regretter d’avoir conçu l’enfant, ne trouvant aucune gratification personnelle dans la paternité puisque sa femme n’est désormais plus disponible pour lui.

Par ailleurs, avec la fatigue, le stress, l’image souvent dégradée que la femme a de son propre corps après l’accouchement, la sexualité n’est plus vraiment à l’ordre du jour. Désormais trop occupée à combler les besoins de son enfant, la femme a tendance à négliger sa vie sexuelle. Du côté des hommes, le désir peut aussi parfois s’émousser. En effet, aux yeux de certains hommes, une femme qui devient mère perd son attrait érotique. La transformation du corps féminin, le manque de disponibilité physique de la femme, la raréfaction des moments de complicité et d’intimité au sein du couple finissent souvent par éteindre la libido et éloigner les deux partenaires.

Nourrir son besoin de reconnaissance par le travail ou la maternité

Côté travail, bien souvent, les femmes qui se sentent reconnues dans leur vie professionnelle ont moins tendance à surinvestir leur rôle de mère. En revanche, lorsque la reconnaissance professionnelle fait défaut, les femmes peuvent être plus facilement tentées de nourrir leur besoin de reconnaissance narcissique à travers la maternité et surinvestissent alors ce nouveau statut. Le fait que près de 47% des femmes les moins diplômées arrêtent de travailler pendant leur congé maternité (contre 30% des femmes les plus diplômées) est particulièrement révélateur de ce phénomène (source : étude Cadreo 2016).

En finir avec le syndrome de la mère parfaite

Aimer son enfant de manière inconditionnelle, retrouver sa silhouette de jeune femme en quelques semaines, redevenir séduisante pour son conjoint, réinvestir sa vie professionnelle... Qu’elles proviennent des femmes elles-mêmes ou qu’elles traduisent l’intériorisation d’une norme sociale, toutes ces exigences ne font qu’accentuer une culpabilité latente chez toutes les femmes et révéler un conflit intérieur entre l’idéal qu’elles souhaitent atteindre et leurs propres limites mises à l’épreuve dans la réalité du quotidien.

En effet, comment réussir à perdre tout le poids de la grossesse en allaitant, par exemple ? Comment s’investir pleinement dans sa vie professionnelle tout en quittant le bureau à 17h, pour aller chercher son enfant à la crèche alors qu’une réunion importante est programmée ? Comment prendre du temps pour soi alors qu’une deuxième journée attend la plupart des femmes une fois rentrées chez elles ? Face à un idéal inatteignable, chaque femme devrait donc s’interroger sur les exigences qu’elle s’impose, accepter ses propres limites et faire le deuil de la "mère parfaite" qui n’existera jamais.

Prendre du recul et se poser les bonnes questions

Pour construire un équilibre des rôles harmonieux (mère/femme/collaboratrice/amie), il serait souhaitable que chaque femme s’interroge sur l’énergie, le sens et le temps qu’elle souhaite consacrer à chaque domaine de sa vie et réfléchisse aux conséquences de ses propres choix pour elle, pour son enfant et pour son couple. Dans cette perspective, en plus d’aider les femmes à surmonter la fatigue, l’anxiété, voire la perte de confiance en soi occasionnée par la maternité, l’accompagnement d’un sophrologue sera particulièrement pertinent pour aider ces mères à prendre du recul, vivre en accord avec leurs valeurs et mettre en place de nouveaux repères pour mener une vie de femme et de mère épanouie.