Les écoles différentes vues de l'université

Le 19 mai 2015 s'est tenu à l'université d'Artois à Arras, un séminaires sur les écoles différentes. Retour sur les thématiques abordées.

50 années d'expérimentation
Durant la matinée, les intervenants ont évoqué des établissements innovants, comme l'Ecole nouvelle de la Source, à Meudon, ouverte en 1946 et dont le projet perdure, contrairement à celui du collège expérimental Anne Franck au Mans. Un intervenant nous a fait part du peu d'innovation observé dans la pratique des enseignants de maternelle, pris dans le cycle infernal des évaluations. Une autre passionnante communication a eu pour objet l'analyse, sur plusieurs années, d'articles de journalistes spécialisés en éducation, tandis qu'un autre a rappelé les grandes dates de la pédagogie Freinet.  Dans tous les exemples présentés, l'innovation, la différence avec le modèle dominant, était au sein du système, puisque même l'école de la Source est passée sous contrat d'association avec l'Etat. Pourtant, entre le poids du regard extérieur, ressenti par des enseignants de maternelle, qui du coup, ne laissent pas les petits jouer, ou la fin de l'expérience du collège du Mans, innover a semblé très balisé.Innovation mode d'emploi ?
L'après-midi fut consacré à des ouvertures de structures différentes dans et hors cadre de l'institution scolaire. Ce qui en est ressorti, entre le discours de représentants de l'institution et des porteurs de projets hors institution : Transapi et l'Ecole dynamique, c'est que la voie de l'innovation est étroite et semée d'embûches, malgré le fait que tout le monde semble être conscient des dysfonctionnements de l'institution scolaire.Des exemples d'innovations scolaires en Grande Bretagne, en Colombie et en Chine, apparemment très friande de pédagogie Freinet, ont élargi le débat vers d'autres angles de vue
Comme chaque année, en juin, des dizaines de milliers de jeunes sortiront du système scolaire avec peu de connaissances et beaucoup de ressentiment. Quelle estime d'eux-mêmes auront-ils gagné durant toutes ces années de scolarisation ? N'y a t-il pas d'autres chemins à suivre ? Un participant de ce séminaire a précisé que la Fondation de France recevait, tous les deux jours, une demande de financement pour un établissement innovant. N'est-ce pas là un signe d'un réel besoin d'un autre mode d'instruction ? 

Une pétition est actuellement en circulation. Elle demande de "rendre possible le choix d'une autre approche éducative à l'école pour tous et sur tout le territoire." Car pour innover, face au Mammouth, il est nécessaire d'avoir un compte bancaire bien garni, ou de délaisser les familles peu fortunées mais pourtant demandeuses, au bénéfice de familles plus aisées, qui du coup payent deux fois : directement à l'école innovante puis de nouveau, à l'école publique, par le biais de leurs impôts.