Etablissements connectés = Egalité ?

Les 1er et 2 avril s’est tenu, à l’Institut Pasteur à Paris, un colloque organisé par l’AVICCA sur l’Aménagement numérique. Les établissements scolaires sont concernés au premier chef par ce marché de plusieurs millions d’euros. D’autant que le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, dont le décret du 31 mars vient d’être publié au JO du 2 avril, prévoit la maîtrise des outils numériques.

“L’ambition numérique pour l’école”
C’était le titre d’une table ronde durant laquelle les intervenants ont insisté sur la nécessité du lien humain autour des projets de connexion des établissements. Ces projets sont portés par le dialogue entre une collectivité territoriale, l’établissement, une académie et concernent aussi bien le supérieur, le secondaire, le primaire que les écoles maternelles.
Les usages changent et il en est tenu compte dans la construction des bâtiments. Les salles informatiques sont maintenant délaissées car le numérique mobile est inclus dans les salles de cours. Comme dans la vie courante, lorsque nous vaquons à nos activités avec nos objets connectés. Ces usages influent sur les besoins d’abonnement des établissements, qui doivent pouvoir appeler en illimité vers les mobiles, moyens désormais privilégiés pour joindre les parents.
D’après les cas présentés, la fibre semble à préférer. Elle peut être co-utilisée par d’autres établissements de la localité : université, hôpital et permettre ainsi à l’école de devenir un lieu central, le “hub” de la commune.   
La responsabilité juridique du chef d’établissement, qui fournit la wifi, a également été rappelée.


Egalité territoriale et économique ?
Le socle nouvellement publié prévoit que “l'élève sait mobiliser différents outils numériques pour créer des documents intégrant divers médias et les publier ou les transmettre, afin qu'ils soient consultables et utilisables par d'autres. Il sait réutiliser des productions collaboratives pour enrichir ses propres réalisations, dans le respect des règles du droit d'auteur. L'élève utilise les espaces collaboratifs et apprend à communiquer, notamment par le biais des réseaux sociaux, dans le respect de soi et des autres. Il comprend la différence entre sphères publique et privée. Il sait ce qu'est une identité numérique et est attentif aux traces qu'il laisse.” 
Ceci soulève plusieurs interrogations, parmi lesquelles : quid des établissements situés dans une zone peu couverte où la connexion est donc difficile ou impossible ? Quid de la nocivité supposée par certains et réfutée par d’autres, des ondes ? 
Il a par ailleurs été remarqué que les enfants avaient tendance à apporter leur propre matériel informatique. Selon une intervenante, il s’agit d’un processus irréversible, qui “va dans le sens de l’histoire, semblable à celui de la calculatrice, mais en plus rapide.” Et comme les enfants reçoivent régulièrement ce type de cadeau pour Noël et leur anniversaire, il est remplacé régulièrement, bien mieux que ne pourrait le faire l’Etat ! Mais dans ce cas, quid des familles aux revenus modestes ? Et in fine, des enfants électrosensibles ?


Un élu a fait remarquer que malgré tous ces investissements en matériel, les professeurs n’avaient pas vraiment changé leur pratique pédagogique et qu’il n’avait pas été constaté d’amélioration particulière chez les élèves. Une mission d’observation devrait donc créer de nouveaux contenus pédagogiques, peut-être basés sur le jeu, afin que les élèves apprennent mieux. De quoi  inspirer  Canopé, également intervenant de cette table ronde.