Transports scolaires : les aléas d’Imagin R

Durant la période d’instruction obligatoire, de 6 à 16 ans, qu’ils soient instruits hors ou en établissement scolaire, les enfants ont besoin de se déplacer ici et là. Pour rejoindre une salle de classe, participer à un atelier dans un musée, visiter une exposition ou une entreprise, s’initier à une pratique avec un artisan, rencontrer un professionnel et le questionner. Pour cela, ils bénéficient d’un titre de transport particulier.

Imagin R en Ile-de-France

Cinq zones concentriques, qui partent de Paris vers les départements de banlieue 77, 78, 91, 92, 93, 94 et 95 sont couvertes par ce titre de transport qui équivaut au Navigo, ex Carte Orange, des adultes. Pour en bénéficier, il faut être âgé de moins de 26 ans et inscrit dans un établissement scolaire, au niveau primaire, secondaire ou supérieur.
Ce pass donne droit à des “bons plans” et est dézonné pendant les vacances scolaires de la zone C, les week-ends, les jours fériés et en été. Compte-tenu du prix des titres de transport, c’est un abonnement financièrement intéressant. Pourtant les “conditions simples” revendiquées ne le sont pas vraiment. Le formulaire de contact, via le site, n’autorise qu’un nombre limité de caractères qui ne permet pas toujours d’expliquer clairement la situation. En attendant que le pass soit établi, les titres de transport sont à la charge de la famille, et les délais sont de plusieurs semaines, y compris hors du rush de la rentrée. La souplesse n’est pas le fort de ce système. Si une famille souscrit un abonnement en cours d’année pour son enfant, elle doit néanmoins régler tous les mois précédents, pourtant non utilisés.

Des exclus et des pigeons

Parmi les divers exclus figurent les jeunes instruits hors école et qui pourtant se déplacent beaucoup pour participer à leurs diverses activités. Leurs titres de transport restent donc à la charge des familles.
Les pigeons, contrairement à d’autres du même nom, ne sont pas côtés au CAC 40. Ils émargent plutôt au RSA et n’enchaînent pas cette allocation avec un salaire de grand patron. Lorsque, à force d’efforts et de privations, ils arrivent à s’extraire de ce système, ne dépassant parfois le plafond que de quelques dizaines d’euros, ils s’acquittent de nouveau du montant du pass, qui avait été pris en charge par l’agence Solidarité Transport. Mais alors, bizarrement, Imagine R étant valable un an, tous les mois initialement réglés par Solidarité Transport sont réclamés à la famille. Se faire payer deux fois la même prestation est sans doute un moyen d’éviter la crise !   


Des familles ont déjà signalé cette lourdeur administrative pénalisante à des associations de consommateurs. Faire évoluer cette réglementation est nécessaire. Soit par une action de groupe, soit que le Conseil régional d’Ile-de-France s’avise de ce dysfonctionnement tarifaire : pourquoi payer ce qui n’a pas été utilisé - et élargisse la qualité des bénéficiaires, sans ségrégation selon le mode d’instruction.