Une école maternelle Montessori en Algérie

A Alger, une école maternelle accueille aujourd'hui une quinzaine d’enfants. Cet établissement, fondé en 2004, recevait initialement, en tant que crèche et maternelle, une cinquantaine d’enfants de 18 mois à 6 ans. Dans l’esprit de Maria Montessori.

De l’architecture à Maria Montessori


Cette école maternelle a été fondée par Nadia Chouider, son actuelle directrice. C’est en prenant conscience de l’importance de l’empreinte que laisse le système scolaire sur les enfants qui le fréquentent, et après mûre réflexion, qu’elle a abandonné son métier d’architecte pour se former à cette pédagogie, et finalement, créer cet établissement.
Quatre autres éducatrices y travaillent, elles sont aussi formées à la pédagogie Montessori. Par ailleurs, des conférences autour du thème de l’enfance et des ateliers d’initiation à l’utilisation du matériel Montessori à l’intention des parents et des professionnels de la petite enfance, y sont régulièrement organisés.

Un lieu d’épanouissement pour les enfants


Un abondant
matériel sensoriel : des cadres d’habillage, des pinces à linge, des bouteilles, des boulons, des formes géométriques, mais aussi des ustensiles de ménage, des livres en accès libre, des animaux, un jardin et des tapis, coussins et matelas colorés dans les coins “livres” permettent 1001 découvertes quotidiennes aux enfants. Le rythme de chacun est respecté. Aucune évaluation ou mise en échec ne vient entraver le processus d’apprentissage. D’ailleurs, aux dires des enfants, leurs parents ne leur manquent pas et ils “adorent travailler, faire les activités”. Les éducatrices se doivent “d’être à la hauteur des demandes des enfants.” Elles ne sont pas des juges. “Les enfants sont intéressants et épuisants”, confie l’une d’elle, lors d’un reportage. A la fin de la journée, même si elles sont fatiguées, elles estiment qu’il s’agit d’une bonne fatigue et que “les enfants nous apportent, nous donnent beaucoup.”

Des apprentissages progressifs

L’écrit, l’abstraction et l’informatique ont aussi leur place dans cet endroit. Mais tout est affaire de respect. Du respect du rythme de chacun. Et de dosage. Pour un apprentissage graduel et sans formatage imposé. Chaque année, l’établissement accueille un ou deux “fouroulous” comme les appelle Nadia Chouider, selon un personnage du roman de Mouloud Feraoun “Le fils du pauvre”. Ce sont des enfants victimes d’overdose de télévision. “Ils ne jouent pas, ne parlent pas. Errent dans un monde irréel et s’éloignent de nous” confie t-elle au journal El Watan. Heureusement, immergés comme les autres dans ce riche environnement, ils retrouvent pied petit à petit.

Le texte est un élément fondamental de la pédagogie Montessori. Grâce à la lecture quotidienne d’histoires en français, en arabe et en anglais, les structures langagières imprègnent les enfants, parfaitement trilingues, qui acquièrent vocabulaire et richesse de pensée. Ce qui fait justement défaut aux personnages, creux et manipulables, de Fahrenheit 451, Le Meilleur des Mondes ou 1984, des oeuvres visionnaires, qu’il ne tient qu’à nous de qualifier de science-fiction.



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