Apprendre : des idées & des films

Ils observent la société, réfléchissent, questionnent et témoignent. Chacun selon sa sensibilité. L'un préfère la musique et les mots, l'autre, le podcast. Ils ont à peine plus de 40 ans à eux deux et des mètres de bobines dans la tête.

Filmer pour éduquer
«Les profs n'ont plus le monopole du savoir. C'est désuet. Maintenant, avec Internet, le savoir est partout accessible. Il faut apprendre autrement.» remarque Vincent. Ils revendiquent une autre approche pédagogique, davantage en phase avec l'évolution de la société, qu'ils observent tous les deux très attentivement. Momar a commencé un service civique avec Uniscité, pensant y concrétiser son projet de film sur la pratique religieuse en entreprise. L'idée a évolué vers une série complète de reportages sur des personnes en marge. Mais un service civique de six mois, c'est trop court pour un tel projet.
Aujourd'hui, il finalise un rigoureux travail de terrain. Après avoir rencontré des chrétiens, des musulmans, des juifs, tant simples pratiquants que prêtres, imams et rabbins, il veut filmer le consensus entre ces trois religions.
La portée éducative est évidente pour lui. Il espère, grâce à ce film, montrer une image objective de ces trois religions. «Elles ont une histoire en commun. Un message de paix. Les guerres n'émanent pas des  hommes, mais des passions des hommes qui les pervertissent.» Il vise une diffusion dans les entreprises, les écoles, les cinémas et sur You Tube.

Podcaster pour éduquer
Vincent aussi a un projet de film, mais ce qui le monopolise davantage pour le moment, ce sont ses podcasts. Il se définit d'ailleurs comme «podcasteur.» Son dynamisme lui vaut des invitations à diverses tables rondes où ses interlocuteurs sont parfois étonnés de son jeune âge. Sur Convergence Numérique, il traite des enjeux politiques, économiques et sociaux du Numérique.
Sur le plan éducatif, sa position est claire. «Il va falloir apprendre à chercher. Le modèle d'aujourd'hui est fini, que le sachant déverse le savoir sur l'élève, parce qu'aujourd'hui, c'est Internet qui déverse le savoir. On ne peut pas juste remplir le cerveau. Il faut apprendre à penser. Mais aujourd'hui, nous apprenons à avoir le bac. Pas à penser. Il faudrait apprendre sur le terrain. De façon plus réaliste.» Lorsqu’il évoque l'apprentissage du code à l'école, il l'analyse simplement comme la compréhension d'une structure. «Le code n'est qu'une manière de structurer. Apprendre cette structure est utile car demain, il faudra la comprendre, sinon nous serons esclaves des outils qui nous entourent. L'apprendre, c'est déjouer le vrai du faux. Il faudra du discernement face aux objets connectés, sinon, ce sera l'asservissement. Ceux qui maîtriseront la technique auront un pouvoir sur les autres.»
Vincent tient aussi un blog, une «vitrine peu approfondie» de ses podcasts où il informe, par des comptes-rendus et des interviews, sur les enjeux sociétaux liés au Numérique.
Momar écrit et chante aussi. C'est sa façon d'exprimer sa fibre artistique et engagée politiquement. «Quoiqu'il arrive, ma vie sera dans l'engagement et l'art
Dans sa chanson, Cavalier seul, il fustige « ..les gens qui s'endorment...» Eux, Vincent et Momar ne s'endorment pas et à les écouter et les regarder, nous ne nous endormirons pas non plus.