Les mamans solo en ont plein le dos 1/2

Elles sont solo. Elles gèrent tout. De A à Z. Les enfants, le travail, les petits et les grands bobos, le robinet qui fuit, le voisin macho, les factures et plus encore. Et surtout, de ce quotidien plein de tracas divers, elles en ont plein le dos !

Gérer le quotidien

Quelle que soit leur activité professionnelle et leur nombre d'enfants, tout repose sur elles. Elles gèrent le quotidien seules et doivent trouver une solution à chaque problème. Enfant malade, déplacement, bricolage, revenus et budget, courses, repas...Tout leur incombe. Et si elles sont malades, elles serrent les dents et continuent. «J'ai plusieurs casquettes, c'est comme si j'étais directrice d'une PME. Mais c'est beaucoup de prises de tête. Tout repose sur mes épaules» dit l'une. Tandis qu'une autre confirme «Il faut tout gérer seule, même si on a des amis. Et quand on est malade, c'est super dur si on ne peut pas se lever pour faire à manger.» Elles soulignent le manque de repos, de moments pour elles, sans rien à penser ni planifier. «Une grande fatigue générale. On ne peut jamais passer le relais, tout nous incombe.»



Le regard des autres

Parfois, le regard de la famille est encore pétri d'un conformisme désuet. «J'ai l'impression que les mentalités n'ont pas changé. Que nous sommes toujours considérées comme des filles-mères. Je sens, même dans ma propre famille, moins de considération envers moi qu'envers mes sœurs mariées.» Elle s'interroge, sur cette attitude de sa mère qu'elle dit aussi ressentir des autres en général. «C'est bien ancré dans l'inconscient collectif, même si les gens ne s'en rendent pas compte ou s'en défendent.»

Les autres, ce sont également les voisins. Les sympas, qui viennent déboucher l'évier et avec lesquels des gardes d'enfants se font dans un sens ou dans un autre. Les vicieux, qui essaient de profiter de la situation. Les forts en muscles, au gosier bien développé, mais faibles en respect. Et au final, «le voisinage, je ne compte pas dessus.»

Parmi les collègues, il y en a des sympathiques et arrangeants et d'autres qui sont tout le contraire ou qui imaginent, que vivre seule c'est une vraie chance, qui permet de faire ce que l'on veut,

Le regard des autres c'est aussi cette vision bardée d’à priori, qui ne voit dans une femme seule, qu'une séductrice potentielle que l'on évite d'inviter.



Le travail

Qu'elles aient des horaires de bureau ou qu'ils soient décalés, c'est toujours la course, au temps et à l'argent. «La société n'est pas faite pour les mamans solo et encore moins pour les métiers décalés» témoigne cette hôtesse de l'air. «Les profs veulent que les cahiers soient signés pour telle date, mais je ne suis pas là. En France, on dirait que tout le monde travaille du lundi au vendredi. Aucune tolérance pour les horaires décalés.»

Le travail pour une mère solo, cela implique de l'organisation. Trajet, horaires, lieu, contenu, salaire, statut, rien n'est laissé au hasard car en cas de faux pas, personne d'autre ne pourra rattraper la situation. Alors, qu'elles travaillent de chez elles, ou ailleurs, en journée ou la nuit, qu'elle vivent leur passion ou exécutent un travail alimentaire, bien ou sous payé, en salariée ou en indépendante, les mères solo calculent tout et casent les enfants dans cette arithmétique quotidienne, ce jonglage sans fin.



Qui dit travail dit argent, qui dit argent dit budget. Qui dit solo ne dit pas couple. Qui dit enfant (s) dit père (s). Qui dit solo dit administration. La vie des mères solo, au rythme de toutes ces rubriques, se déclinera en quelques chroniques. Mais heureusement pour elles, ces mères solo ont des amis – amies, sans qui elles en auraient encore plus plein le dos !