Après le bac : bof ou whaouh ? 1/3

En cette période de conseils de classe et d'orientation post-bac, penchons-nous, en deux chroniques différentes, sur deux parcours. Celui de deux jeunes étudiantes, d'un côté et de l'autre de l'océan Atlantique. A l'université l'une et l'autre, leur expérience diffère grandement.

Pendant la terminale

Elle a aujourd'hui 19 ans. Elle a passé son bac dans un lycée de la région parisienne, il y a deux ans déjà. Indécise pendant son année de terminale, elle l'est tout autant aujourd'hui. Avec l'impression de n'avoir eu aucune information pour remplir ses vœux, pour choisir une filière et orienter sa vie. «Je n'étais pas certaine d'avoir mon bac et je ne savais quelle filière choisir. Je ne savais même pas à quelle date exactement il fallait avoir rempli les vœux.»

La seule chose dont elle était certaine, c'était son envie de continuer l'étude de l'anglais.

Envie renforcée par plusieurs séjours de vacances aux Etats-Unis. Alors, «par dépit, je me suis inscrite en fac d'anglais. J'avais entendu dire que la Sorbonne était bien. J'ai eu mon bac et j'y ai été acceptée.»


Première année de fac

Dès le premier cours, la déception est immense. «C'était un cours de civilisation, en amphi, ça ne m'a pas plu. Je me sentais découragée, j'ai arrêté.» Pendant un an, elle prend le temps de se poser, de réfléchir. Elle s'immerge aussi dans le monde du travail, multipliant les heures dans la cafétéria d'un hôpital parisien. Un travail difficile, avec de lourdes contraintes horaires.

Le résultat de sa réflexion est la décision de reprendre ses études en septembre 2013, sans enthousiasme, pour la Sorbonne néanmoins. «Par dépit de la paperasserie, je suis retournée à la Sorbonne. C'est trop compliqué de changer de fac.»


Deuxième année de fac

Depuis quelques mois, elle redouble donc sa première année de LLCE – Langue Littérature et Civilisation Étrangère. Mais les cours ne l'intéressent toujours pas. Les professeurs lui font meilleure impression que ceux qu'elle a eu au lycée. «Ils sont intéressants, cultivés, apparemment, aiment ce qu'ils font, mais leurs cours ne m'intéressent pas, sauf celui de grammaire. Je n'appréciais pas du tout ceux du lycée, qui n'avaient pas l'air compétents.»

Le sentiment de malaise et d'ennui perdure. «Je m'accroche, mais cela ne me plaît toujours pas. Je stagne alors que je voulais évoluer en langue. Je voulais de nouveau laisser tomber à la fin du semestre, mais j'ai parlé avec ma mère. Là, j'attends les résultats de mes partiels. Si ils sont mauvais, j'arrête, si ils sont bons, je continue. Pour le moment, je reste juste pour dire que je fais quelque chose.»


Et d'autres élèves

Personnellement, j'ai eu des élèves de lycée pro qui se sont accrochés, ont travaillé, obtenu leur bac et sont rentrés en fac. J'ai toujours de leurs nouvelles. Ils sont souvent déçus de la fac. La première année où j'ai enseigné en BTS, je m'attendais naïvement à avoir des élèves de 18 voire 19 ans. Une grande proportion d'entre eux avait bien plus de 20 ans. Ils avaient fait une année de ceci, une année de cela. Commencé quelque chose, s'étaient illusionné sur autre chose... Bref, ils entamaient là une nouvelle étape, sans trop d'enthousiasme pour certains. Mais pour tous ceux qui avaient eu un parcours «indirect», et cela m'avait frappé, ils éprouvaient un fort sentiment d'échec personnel, ayant pris à leur compte, tous ces détours scolaires.



Quel gâchis humain que des tâtonnements ne soient vécus que comme des échecs et que des jeunes gens se chargent moralement du fonctionnement peu optimal d'une institution défaillante. Comment choisir une orientation à 18 ans, alors que la vie est si fluctuante et que tant de métiers qui seront exercés prochainement, n'existent pas encore ?

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La suite de la chronique : "Après le bac : bof ou whaouh 2/2" et "Après le bac : bof ou whaouh 3/3"

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