Adoption plénière ou adoption simple ?

Depuis quelque temps, le débat resurgit autour des mérites comparés de l’adoption simple et de l’adoption plénière …

En France, l'adoption plénière est une forme d'adoption qui, à l'opposé de l'adoption simple, rompt tout lien de filiation entre l'enfant et ses parents biologiques. Elle est irrévocable et prononcée par un tribunal. Elle a été instaurée par la loi pour offrir à l’enfant et à ses nouveaux parents une totale sécurité : garantie pour les parents que les «géniteurs» qui ont abandonné l’enfant ne pourront pas retrouver sa trace et le revendiquer s’ils ont changé d’avis, garantie pour l’enfant qu’ils ont désormais des parents pour la vie. L’état civil est refait et affirme que l’enfant est né de ses parents adoptifs, dont il porte le nom de famille ainsi que les prénoms qu’ils lui choisissent.

L’adoption simple, au contraire, garde trace du passé puisque l’enfant porte en principe un nom de famille double : le nom des parents d’adoption est accolé au nom des parents de naissance. L’adoption simple, dont on parle très peu, est en fait plus fréquente que l’adoption plénière, elle est surtout pratiquée pour établir une filiation entre un adulte et un enfant né de son conjoint lors d’une union ou d’une relation antérieure.

L’adoption simple offre de fait moins de garanties à l’enfant : elle est révocable dans les cas graves, l’enfant hérite de ses parents mais pas automatiquement de ses grands-parents (qui peuvent cependant le faire héritier en passant par un acte notarié), mais elle lui permet de garder un contact avec sa famille d’origine dont il continue à porter le nom.

Lorsqu’un couple souhaite adopter un enfant qui n’est pas déjà présent au foyer, un enfant inconnu qui viendra d’ailleurs, il demande toujours l’adoption plénière. Pourquoi alors reparler aujourd’hui de l’adoption simple ?

Parce que, face à la baisse du nombre d’enfants adoptables à l’international, se pose à nouveau la question de l’adoption en France d’enfants placés en familles d’accueil ou en foyer, en situation de délaissement de la part de leurs parents de naissance mais pas totalement abandonnés cependant, pour lesquels il serait peut-être possible de proposer une adoption simple sans couper leurs liens avec des grands-parents, des oncles et tantes, des membres de la famille qui s’intéressent à eux mais n’ont pas les moyens de se charger entièrement de leur éducation

Mais aussi parce que, pour les enfants adoptés à l’international, qui arrivent en France déjà grands, avec des souvenirs, en sachant parfois qu’ils laissent derrière eux des frères et sœurs connus, dont il entretiennent le souvenir, la coupure radicale avec la famille d’origine qu’impose l’adoption plénière devient une fiction difficile à soutenir. Serait-il préférable pour certains enfants, intérieurement  écartelés entre deux familles, de recourir alors à une adoption simple et de garder un lien véritable avec la famille d’origine ?

Cette perspective est actuellement mal reçue dans les milieux de parents adoptifs, qui estiment que l’adoption plénière offre de bien meilleures conditions de sécurité à leurs enfants comme à eux-mêmes. Mais le débat ne fait que commencer, probablement.

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