Bac : les bonnes recettes pour réussir ses révisions

Le cerveau humain abrite plusieurs mémoires et mécanismes multiples. Et puisqu’il existe de multiples mémoires et mécanismes, il n’y a pas UNE méthode (ou recette), mais plusieurs.

En voici les principales pour bien réviser avant un examen :

La Mémoire biologique : la loi des neurones, c’est la répétition !

Comme les neurones sont de vrais « usines », il leur faut de l’énergie, des éléments de constructions et des pauses. Ainsi les recherches ont montré, qu’il était plus efficace d’apprendre dans la durée, avec des pauses pour ne pas épuiser les neurones, c’est l’apprentissage distribué. Il faut également privilégier le sommeil et donc supprimer les excitants ; Il faut aussi bien s’alimenter, protéines, viande, poisson, œuf, mais aussi de tous les nutriments essentiels, lipides, sucres (lents ; pâtes, frites, banane…), et de vitamines (nourriture variée ou compléments) et minéraux (chocolat, etc).
A l’inverse, il faut supprimer tout ce qui est nocif au cerveau, l’alcool (qui détruit les neurones et une structure qui enregistre les souvenirs), le tabac (qui réduit la fluidité sanguine cérébrale), les drogues (y compris le cannabis) qui déséquilibrent les échanges chimiques entre les neurones.
En résumé, FINI le bachotage, il faut apprendre toute l’année et réviser et au contraire se détendre et bien se nourrir les jours avant les épreuves !

La Mémoire à court terme : un danger, la surcharge

Pour prendre l'analogie de l'ordinateur, la mémoire à long terme, c'est le disque dur avec toutes les logiciels et les informations (texte, images, calculs…) tandis que la mémoire à court terme, c'est la mémoire vive et l’écran.
    La mémoire à court terme a deux caractéristiques de fonctionnement qu’il faut bien connaître pour éviter  le « trou noir » au moment de l’examen. Cette mémoire est comme le fichier de la bibliothèque mais elle n’a que 7 cases : chaque case contient la référence d’un fichier bien « construit » en mémoire à long terme, un mot, un concept (ex. triangle isocèle), une image. Une méthode très efficace est donc d’apprendre par petits groupes d’informations. Par exemple trois catégories de chacune quatre mots, 4 animaux, 4 musiciens, 4 fleurs. Ainsi, grâce aux connaissances de la mémoire à long terme (ici la mémoire sémantique), il suffit de retenir en mémoire à court terme « Animal » pour récupérer ensuite les quatre noms d’animaux.
Concrètement, face à une leçon il faut tout d’abord simplifier pour éviter la surcharge ; un plan idéal est de 3 titres et 4 sous-titres. Il faut que l’élève ou l’étudiant se refasse un cours (ou un petit manuel)  résumé ainsi ; c’est le système des fiches. Attention, il faut le faire soi-même, et ne pas réviser sur les fiches d’un copain ou d’une copine ;  car c’est le travail de va et vient entre mémoire à long terme et mémoire à court terme, qui va permettre l’enregistrement structuré des connaissances.
La deuxième caractéristique de la mémoire à court terme, c’est qu’elle dure 20 secondes. Elle est comme une ardoise magique qui s’efface pour s’occuper d’autres informations. Mais pas d’inquiétude, si les fiches ont été bien apprises, structurées et répétées, elles sont en mémoire à long terme et pourront revenir facilement en mémoire à court terme, pour rédiger lors de l’examen.

La Mémoire lexicale : la bonne recette, c’est le bon vieil «apprentissage par cœur»…

    La mémoire à long terme contient deux «bibliothèques» spécialisées pour les mots (et les textes), la mémoire lexicale pour la carrosserie des mots et la mémoire sémantique pour leur sens. Pour ces deux mémoires, les méthodes sont bien différentes.
    La mémoire lexicale est la bibliothèque de la carrosserie des mots ;  c’est l’usine de fabrication de la carrosserie mais pas du moteur. Cette carrosserie est composée de l’orthographe (qui vient des mémoires visuelles), de la phonologie (qui vient de la mémoire auditive), de la prononciation (mémoire vocale) et de l’écriture (mémoire motrice graphique). La principale méthode est la REPETITION, le fameux apprentissage par cœur, qu’il faut réhabiliter. Il faut en général un nombre de répétitions moitié moindre que le nombre de mots à apprendre : dix répétitions pour vingt mots. Si les mots sont difficiles phonétiquement, il faut les subdiviser en syllabes pour mieux les apprendre, Xénophon, mycellium.

La mémoire sémantique : l’apprentissage «multi-épisodique»

    La mémoire sémantique tout au contraire enregistre des abstractions, des idées, des concepts. Sa structure est hiérarchique comme dans une arborescence ; par exemple, un aigle est classé dans la catégorie des oiseaux, elle-même classée dans la catégorie des « vertébrés », puis des animaux ; Il faut donc pour apprendre sémantiquement, faire des fiches bien structurées, des plans, des schémas, des arborescences. Pour comprendre il faut également répéter mais la répétition sémantique est plus subtile et se fait par la multiplication des épisodes, méthode que j’ai appelée « apprentissage multi-épisodique. La lecture du cours, celle du manuel, les documentaires télévisés, la recherche sur Internet sont autant d’épisodes pour enrichir la mémoire sémantique.

La Mémoire imagée : de belles images…virtuelles !

Si l'on se fie à l'idée populaire, nous aurions une "mémoire photographique". Tel élève pense "voir" dans sa tête la page de sa leçon, etc. Cette croyance est fausse. Les mémoires sensorielles existent bien mais elles sont éphémères. La mémoire sensorielle visuelle (appelée « iconique ») ne dure qu’un quart de seconde, la mémoire auditive 2,5 seconde. L’impression de « voir » la page d’un livre vient d’une autre mémoire, la mémoire imagée. Cette mémoire fabrique des images mentales durables mais reconstruites, virtuelles d’où les erreurs dans les témoignages oculaires. Donc fixer un schéma ou une carte de géographie pour les photographier est une illusion totale. La meilleure méthode est l’apprentissage multi-essais ; par exemple, vous faites découper deux feuilles pour faire huit petites pages que vous numérotez de 1 à 8. Vous apprenez en répétant les mots de la carte pendant une minute, puis vous reproduisez sur la feuille de réponse n°1 sans regarder le modèle ; puis vous réapprenez pour un essai n°2 pendant une minute la carte, et ainsi de suite jusqu’à reproduction parfaite. On parle de surapprentissage lorsque le critère de reproduction est plus difficile, par exemple trois essais consécutifs sans erreur. Le surapprentissage est plus sûr pour réussir, évidemment.

La mémoire procédurale : noircir du papier avec des exercices !

    Enfin, il existe une autre mémoire, la mémoire procédurale qui possède des mécanismes encore différents. La mémoire procédurale englobe les apprentissages sensori-moteurs, faire du vélo, conduire, jouer d’un instrument de musique…mais aussi des apprentissages plus abstraits de règles, des procédures, comme utiliser le clavier et la souris d’un ordinateur, ou une console de jeux. Je pense qu’une bonne partie des mathématiques est de type procédural abstrait. Ainsi pour l’algèbre, il faut tâtonner, comprendre, chercher puis avec la répétition d’exercices similaires, on résout le problème presque automatiquement, les nombres passant de l’autre côté du signe égal, deviennent par automatisme de sens contraire, les démonstrations géométriques ou autre deviennent automatique comme la multiplication en CM2.
   
Au total, pas de magie pour bien réviser : la loi des neurones, c’est répéter donc apprendre dans la durée ce qui est incompatible avec le bachotage. Enfin, il faut bien se rappeler que chaque mémoire a sa méthode et ses recettes. A mémoires multiples, multiples méthodes…

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