Collaboration entre la Cité des Sciences et les non sco

Quand Universcience s'intéresse aux pratiques des familles non scolarisantes et quand ces familles utilisent pleinement les ressources de la Cité des Sciences, cela donne une expérience inédite et réussie.

Le projet de la Cité des Sciences

Dans le cadre du dispositif des «Classes Villette projet» la Cité des Sciences a initié un cycle particulier. Il s'appuie sur «l’implication des parents dans les processus d’apprentissage autonomes et informels et sur leur désir de découvrir les sciences». Les parents retenus pour cette observation sont des parents non scolarisants. L'équipe de la Cité des Sciences met de nombreuses ressources muséologiques à la disposition des familles et a pour ambition, en explorant «des modes de médiation innovants» et en sollicitant «les relations intergénérationnelles, de proposer une forme d'apprentissage plus large que celui de la cellule familiale, contribuer à ce que les familles les plus éloignées de l'école trouvent des réponses éducatives» dans cet établissement.

Dans la pratique, durant l'année 2012/13, quatre demies journées, précédées d'une session de préparation, ont permis des visites commentées d'expositions et de la bibliothèque, des ateliers et des animations.

Les pratiques non sco

Les familles du groupe parisien non sco sont des familiers d'Universcience, que ce soit au Palais de la Découverte ou à la Cité des Sciences, car ces deux endroits constituent tout naturellement «leurs salles de sciences».

La spécificité de ces familles intéresse tout particulièrement la Cité des Sciences, qui relève qu'ils «ont une grande autonomie et une forte implication dans les activités culturelles. Ils peuvent donner l’exemple à des parents lambda. Pas de référence explicite aux programmes de l’Education Nationale. Pas de contraintes de temps dédié à l’apprentissage. Les activités s’inscrivent dans le cadre d’un projet familial ouvert sur le monde.»

Il est piquant de remarquer qu'un établissement, qui accueille nombre de classes, s'inspire des pratiques non sco pour valoriser son activité. Certains personnels de l’Éducation nationale seraient bien inspirés d'afficher une telle ouverture d'esprit.

Un groupe de parents, dits parents enquêteurs, a bénéficié avec un intérêt manifeste, de visites d'expositions commentées avec compétences et disponibilité avant de transmettre leurs nouveaux acquis aux groupes d'enfants et de parents dit tuteurs. Puis, chacune selon ses pratiques, et selon le rythme et l'intérêt de ses enfants, les familles se sont réappropriées ces connaissances.

Bilan et suite à venir

Au terme de cette collaboration enrichissante, chacun a donné son avis lors d'une réunion de bilan. Globalement positive, l'expérience a permis aux familles de mieux appréhender les multiples ressources, parfois ignorées, qu'offrent la Cité des Sciences. Des liens se sont créés entre les familles et l'équipe, des échanges se sont construits et cette communication a contribué à donner une visibilité médiatique et une légitimité pédagogique aux pratiques non sco.

L'équipe de pilotage du projet fourmille d'inventivité. Sa proposition concrète de reconduire l'expérience en lui donnant davantage d’ampleur : une journée par mois, promet de passionnantes découvertes partagées.

Une telle pratique est une première en France. Dans les pays où la population non sco est plus importante et non stigmatisée, les relations de ce type avec les établissements culturels sont plus courantes. Il ne reste donc qu'à espérer que d'autres musées s'en inspirent et inventent, avec des familles, non sco et scolarisantes, de nouvelles façons d'apprendre.