Adolescent agressif : comment le calmer

Votre adolescent est agressif, voire violent ? S’agit-il encore d’un problème d’enfant arrivé dans la famille par adoption ?

L’agressivité est un trait banal chez les adolescents, un trait qui relève de la normalité adolescente car conquérir son autonomie suppose de secouer le joug de la protection parentale, de se faire confiance plus qu’on ne fait confiance à son parent, quitte à prendre des risques, et même dans le plaisir de prendre des risques. Un jeune qui n’a pas le goût du risque… risque de rester longtemps dans la dépendance !

Une chose est l’agressivité, une autre est la violence ! Et c’est peut-être ce qu’il faut repérer. Beaucoup d’adolescents sont agressifs, peu vont jusqu’à la violence, mais cela arrive à certains de nos adolescents adoptés (pour des raisons complexes à analyser, qui peuvent remonter à une première enfance carencée, entraînant une difficulté à maîtriser ses émotions et ses impulsions). Or il est essentiel de ne jamais laisser la violence s’installer entre parents et enfants, et singulièrement d’enfant à parents, essentiel de ne pas avoir peur de son enfant car cela rendrait impossible toute relation éducative. Si le parent a peur, c’est l’enfant qui contrôle la situation et qui fait ce qu’il veut. Lorsqu’un jeune va jusqu’au passage à l’acte, jusqu’à la violence physique, il peut être indispensable d’appeler la gendarmerie, voire de porter plainte et de faire appel à un juge pour enfants. D’abord de l’annoncer au jeune (« tu as porté la main sur moi une fois, c’est une fois de trop, à la moindre récidive je porterai plainte »), puis de tenir ce qui a été dit quoiqu’il en coûte à des parents aimants. Il en va de l’avenir de l’adolescent.

Mais il est rare de devoir aller jusque-là. Il est beaucoup plus fréquent de devoir faire face à l’agressivité du jeune, et souvent sage d’éviter l’escalade en quittant le terrain (en sortant de la pièce). «Je vois que tu t’énerves, je le laisse, je ne veux pas discuter dans ce climat». La réaction parentale est souvent, et c’est regrettable, de tenir à avoir le dessus dans une partie de bras de fer, et c’est alors l’ancien adolescent en nous qui reprend le dessus (celui qui a eu le dessous contre son parent et qui veut gagner à son tour). Or ce n’est pas ce dont un jeune a besoin. Il a besoin de rencontrer un adulte ferme mais calme, qui maintient le cap (l’interdit, l’exigence) sans s’énerver de ne pas l’obtenir. Sachant que le refus d’obéir, la révolte, construisent aussi l’adolescent. Et que celui-ci se rangera à terme plus facilement à la sagesse de l’adulte s’il a le sentiment d’en avoir pesé librement les raisons, et non d’avoir «calé» à chaud lors d’un combat. Ou qu’il désobéira, pour se tester lui-même en situation de risque. Comme (presque) tout ado normal.