Votre ado adopté déteste l’école …

Il n’est pas le seul, beaucoup d’ados détestent l’école et ses contraintes, ou ne l’aiment que pour y retrouver les copains. Mais le vôtre va loin dans son rejet, il ne supporte plus le collège, s’y rend insupportable et vous craignez le décrochage et/ou l’exclusion… Que faire ?

Comprendre d’abord. Il a tellement de problèmes à régler avec lui-même, pour s’accepter tel qu’il est, enfant venu de l’étranger, plein de questions intérieures sur son origine, son abandon, sa double appartenance familiale (car la loi dit une chose, mais son imaginaire en pense une autre), qu’il est peu disponible pour les apprentissages scolaires. Ensuite, l’école ne cesse de comparer les enfants -les notes permettent de dire que celui-ci est meilleur que celui-là- et se comparer aux autres est précisément quelque chose que beaucoup d’enfants adoptés détestent, car ils se sentent dans un statut de moindre légitimité… L’école française leur convient mal !

Agir ensuite. Si la situation n’est pas trop grave, laissez le collège sanctionner son manque de travail et son comportement, sans déjuger ni critiquer les enseignants (ils ont raison, ils font leur travail, soutenez-les), mais sans en rajouter à la maison. Ne soyez pas dans le conflit permanent avec lui à propos du collège. Attristez-vous AVEC lui devant les sanctions ou les mauvaises notes sans redoubler cela par des remontrances et de nouvelles sanctions familiales : pas de double peine et à chacun son métier. Que la famille reste un lieu refuge…

Cherchez dans quel domaine il est susceptible de briller, et encouragez-le dans cette activité. Qu’il s’agisse de sport ou d’activité artistique, de talent d’organisateur ou de bricoleur, il y a toujours un domaine d’activité qui peut permettre de compenser les difficultés scolaires et de donner au jeune une bonne image de lui-même, dont il a grand besoin pour s’estimer, pour croire en l’avenir.

Si la situation est trop difficile au collège, renseignez-vous sur des solutions alternatives. A partir de 15 ans les Maisons Familiales Rurales par exemple permettent des formations par alternance ; leur climat humain, leurs petits effectifs en font souvent un lieu d’apprentissage mieux toléré par nos enfants, sans boucher leur avenir (Le réseau des MFR va jusqu’au bac + 3 !). La mise en apprentissage est souvent bien vécue par nos enfants, parce qu’elle les fait entrer dans le monde adulte et qu’un patron exigeant mais chaleureux obtient d’eux beaucoup plus que l’école ! Leurs voies de réussite sont parfois tortueuses, mais la formation permanente est là ensuite pour leur permettre de progresser lorsque, plus âgés, en passe de fonder une famille, ils ont repris confiance et supportent l’effort d’apprendre. Pensez qu’ils ont la vie devant eux et qu’elle est longue…

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