Devoirs et leçons : la place des parents

La mission des parents est d’accompagner l’enfant dans sa scolarité et de faire alliance avec lui pour qu’il se sente soutenu dans la progression qui est la sienne. Pour que celle-ci se passe au mieux, ils doivent en premier lieu veiller au respect des besoins de l’enfant ( heure de coucher, limitation des temps d’écran… ) et à celui des obligations scolaires (assiduité, consignes, travail à la maison…).

Les devoirs à la maison sont jugés par certains contre-productifs, voire néfastes au développement de l’enfant. Ils ajouteraient de la fatigue pendant les jours de classe, seraient préjudiciables aux bonnes relations entre parents et enfant et prendraient la place d’activités plus favorables à l’éveil de l’enfant.

D’ailleurs, si les leçons sont admises, les exercices à la maison sont officiellement interdits. Pourtant, ils n’ont jamais été aussi présents. Car la plupart des parents ne comprendraient pas et s’inquiéteraient que l’enfant n’ait pas de devoirs à faire. Leur inquiétude, quant à la réussite scolaire, accrue en période de crise économique, ne fait que renforcer cette attente de devoirs.

Fixer un temps des devoirs

Considérés comme inutiles pour les bons élèves, les devoirs donnés aux élèves les plus faibles sont impossibles à accomplir seuls. Alors, quitte à ce que l’enfant ait des devoirs, autant qu’il les fasse bien et dans les meilleures conditions. Pour cela, la première règle est le temps qui doit y être consacré, variable selon l’âge de l’enfant. Je propose un temps maximal de 10 minutes multiplié par le nombre d’années d’école en considérant le CP comme la première année (soit 10 min maximum par jour en CP, 60 en 6e  et 90 en 3e). Ce temps de devoir peut se répartir sur la semaine (soit 50 min maximum par semaine en CP par exemple).

Une règle essentielle : ne pas dépasser ce temps, même si les devoirs ne sont pas achevés. Si l’élève est resté devant son bureau sans produire, inutile de l’y maintenir. Cela ne le rendra pas plus efficace et n’aura comme effet que de le dégoûter de la scolarité. Inutile aussi de supprimer les activités annexes utiles à son développement et à sa réussite scolaire. Présenter ce temps consacré aux devoirs comme un temps d’apprentissage ou d’échange et non comme une punition, une corvée ou un travail, puisque le travail est interdit pour les enfants.

Accompagner en douceur

L’intérêt des devoirs est d’apprendre à travailler de façon autonome. Mais l’autonomie ne s’apprend pas tout seul. La présence des parents ou d’un accompagnateur est utile, à condition qu’elle ne soit pas permanente et qu’il n’essaie pas de remplacer l’enseignant ni de refaire le cours.  Le parent vérifie régulièrement l’avancée des travaux, tous les quarts d’heure et reste à sa disposition en cas de bloquage.

Enfin, il importe que les deux parents s’engagent dans l’accompagnement du travail à la maison et notamment que les apprentissages scolaires soient «masculinisés» par l’intérêt que leur porte le père.

Le parent devra éviter que le temps des devoirs soit la seule occasion d’échanges individuels avec l’enfant. Ce dernier en prolongerait alors inconsciemment la durée, même si cela devient source de conflits, car un enfant préfère une attention conflictuelle plutôt qu’une absence d’attention.

Si les devoirs sont systématiquement source de conflits, déléguer cette besogne à un tiers, grand-parent, étudiant ou professeur particulier… car les enjeux affectifs, qui sont autant d’obstacles, seront ainsi réduits. Enfin, bien ou mal faits, les devoirs ne doivent pas occuper toute la conversation du dîner.

Des règles à respecter

Pour aider l’enfant qui se sent submergé, en particulier chez le collégien et le lycéen :

-lui faire faire une pause de 5 minutes toutes les 30 ou 40 minutes afin d’éviter les arrêts intempestifs ou les rêveries.

- lui proposer de diviser son travail, par exemple en matières, en périodes de temps, en étapes ou en exercices.

- s’il n’arrive pas à prendre correctement son cours pour des raisons de lenteur ou d’inattention, lui donner l’habitude de travailler directement sur le livre de référence.

- lui conseiller de souligner sur ses cours, en même temps qu’il les relit, les idées fondamentales, les formules et les mots-clés avec des couleurs différentes.

-insister pour qu’à la fin de chaque leçon, il fasse un résumé de quelques lignes dans lesquelles il reprendra les points essentiels ; et qu’il imagine deux ou trois questions que le professeur pourrait lui poser.

-lui faire relire ses devoirs, une fois finis, en se mettant dans la peau du professeur. S’il fait ses devoirs avec un camarade, qu’ils s’entraînent à se corriger mutuellement.

En savoir plus dans le livre "Réussir à l'école : une question d'amour ?" aux éditions Larousse.

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