L'énurésie en quatre questions

L'énurésie nocturne ou "pipi au lit" est très fréquente chez l'enfant. Les parents se posent souvent quatre questions auxquelles on tente de répondre.

Qu'est-ce que c'est ?

L'énurésie est l'émission involontaire d'urine à une fréquence d'au moins une fois par semaine, à un âge où l'enfant est censé avoir acquis la propreté. Elle peut être diurne (le jour, après 4 ans), nocturne (la nuit, après 5 ans) ou mixte ; primaire (depuis toujours) ou secondaire (après une période de propreté d'au moins 6 mois) ; isolée ou accompagnée d'autres symptômes.
L'intervention d'un pédiatre ou d'un médecin généraliste est nécessaire pour permettre une évaluation en s'assurant notamment qu'il s'agit bien d'une énurésie nocturne primaire isolée dont nous allons parler ici et choisir la conduite à adopter. On retrouve plus souvent dans les cas d'énurésie secondaire, une maladie (diabète, infection urinaire...) ou une souffrance psychologique (divorce des parents, naissance d'un puiné, problème à l'école...).

A quoi est-ce dû ?

L'énurésie nocturne primaire isolée (le classique "pipi au lit") concerne 15% des enfants de 5 ans et 1 à 2% des enfants de 15 ans. Les enfants se mouillent la nuit parce qu'ils ne se réveillent pas alors que leur vessie, ayant dépassé sa capacité, présente des contractions spontanées. Ce n'est pas une maladie mais plutôt une variante de la normale dont les causes semblent diverses : génétique, retard de maturation des muscles de la vessie, capacité réduite de la vessie, profondeur du sommeil, facteur hormonal.

Quels conseils peuvent être donnés ?

Il faut insister sur le fait que l'enfant n'est pas responsable et que les reproches ou les punitions n'ont aucun sens. L'information sur les facteurs éventuellement en cause permet de déculpabiliser les parents. Il faut surtout être attentif à l'enfant qui a souvent une faible estime de soi, voir une vraie souffrance à cause de ce symptôme qui peut l'empêcher d'avoir une vie sociale normale. Une approche psychothérapique peut être indiquée lorsque l'enfant souffre psychologiquement à cause de son énurésie. 

Certains conseils pratiques peuvent être donnés :
  • L'enfant doit apprendre à se changer seul et peut aider à changer son lit voire à participer au lavage des vêtements et des draps sans que cela soit présenté comme une sanction.
  • Une protection du matelas est nécessaire.
  • Les couches doivent être évitées mais les culottes jetables peuvent être utiles dans certaines circonstances, à l'extérieur notamment.
  • Un apport liquidien sans excès est permis le soir mais aucun liquide ne doit être ingéré une heure avant le coucher.
  • L'enfant doit vider complètement sa vessie juste avant de se coucher.
  • L'accès aux toilettes doit lui être facile : veilleuse ou pot dans la chambre.
  • Un calendrier avec des dessins différents en fonction des nuits sèches ou mouillées est souvent utilisé. 

Quels traitements peuvent être prescrits ?

Après avoir vérifié qu'elles ont été correctement appliquées et suffisamment longtemps, ces mesures peuvent s'avérer inefficaces et d'autres démarches peuvent être entreprises. Différents systèmes d'alarme sont très employés dans les pays anglo-saxons et ont pour objectif de créer un conditionnement : un signal sonore ou une vibration est émis par l'appareil dès que l'enfant urine. 
Les traitements médicamenteux ne peuvent être préconisés qu'après l'échec des autres mesures. L'imipramine est de moins en moins utilisée à cause de ses effets secondaires. La desmopressine est un analogue de l'hormone antidiurétique utilisé depuis qu'on a découvert que certains enfants n'ont pas de pic de libération de cette hormone pendant la nuit et qu'ils produisent alors autant d'urine que le jour. Ce médicament ne peut être prescrit que par un spécialiste.

En conclusion, l'impact de ce symptôme sur l'enfant et ses parents doit guider la conduite à adopter. Il faut qu'ils soient motivés pour entreprendre quelque chose. Il n'existe pas de traitement unique fonctionnant chez tous les enfants. Le fonctionnement de son corps doit être expliqué à l'enfant afin de lui permettre d'exprimer son vécu autour de ce problème pour qu'il puisse s'impliquer dans les démarches qui lui sont proposées.

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